Warby Parker (part 2) : quelle vision ?

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Dave Gilboa et Neil Blumenthal, co-fondateurs. Un seul a vraiment besoin de lunettes.
(Photo: Bobby Doherty/New York Magazine)

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à porter des lunettes dans cette rue ?”

C’est la question que l’on est en droit de se poser sur la 3rd Street à Philadelphie, mais aussi aux abords d’une des trois  boutiques que compte Warby Parker à New York, Boston ou Los Angeles.

Etagère WP dans un concept store de Philadelphie

Etagère WP dans un concept store de Philadelphie

Et de fait, tous les vendeurs, qu’ils en aient réellement besoin ou pas, portent des lunettes. D’ailleurs chaque nouvel employé (il sont 230 à ce jour) reçoit le jour de son arrivée dans la société un Bon Cadeau pour un examen  gratuit des yeux (c’est très cher aux Etats-Unis), des lunette pour lui-même et une autre paire à offrir en cadeau. Vous parlez d’implication !

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Les bureaux New-Yorkais de Warby Parker dans le Puck Building.
(Photo: Daniel Shea/New York Magazine)

Le modèle de Warby Parker est le suivant : produire des lunettes stylées, économiques (tarif unique: 95 $), que l’on peut essayer chez soi gratuitement —5 paires, pendant 5 jours – avant de se décider à les commander en ligne.

Et soudain, porter des lunettes devient ‘cool’.

Une vraie disruption sur le marché des lunettes.

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(Photo: Daniel Shea/New York Magazine)

Warby Parker est l’une des grandes  success stories de l’ère ‘ post-­recession ‘ américaine.

La semaine dernière, nous vous présentions Warby Parker

Cette semaine dans le New York Magazine, sous la plume de Jessica Pressier,  les co-fondateurs livrent leur vision du commerce  2013. L’article très complet à lire ici dans son intégralité. En voici les points essentiels (adaptation libre) :

  • Sur l’intérêt, pour un pur player web, d’avoir des boutiques 

 “Nous avons vite compris que si vous voulez être un acteur dominant, vous devez être online et avoir quelques boutiques. Notamment dans un secteur comme la mode. D’autres catégories, comme le papier toilette ou les couches culottes, vont au contraire se tourner davantage encore sur le online.”

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  • Pour faire se rencontrer les salariés entre départements différents

Un développeur interne a créé la “Lunch Roulette” : chaque semaine après la réunion d’équipe hebdomadaire, cette application choisit au hasard deux groupes de 4 personnes qui partent déjeuner ensemble à l’extérieur aux frais de l’entreprise. Il ne peut y avoir à la même table deux personnes du même départment.

 

  • Parmi les valeurs de l’entreprise

« Injecter plaisir et bizarrerie dans tout ce que nous faisons. « 

« Se fixer des objectifs ambitieux. « 

  • Se donner le temps de peaufiner l’idée avant de la lancer

Les co-fondateurs (ils étaient 4 à la création) se sont rencontrés à l’université de Wharton, celle-ci devenant au fil des mois un incubateur pour Warby Parker. “Nous avons passé beaucoup de temps à peaufiner l’essence même de la marque:  ‘A quoi servons-nous ?’ ‘Qui sommes-nous ?’ ‘Quel est l’angle esthétique de la marque ?”.

  • Les clients

Le contraire du bling-bling, version Sex and the City ou Paris Hilton.

« Lorsque nous avons étudié les marques actuelles, nous avons constaté qu’une majorité encore pensent qu’être une marque aspirationnelle se doit de véhiculer les codes que l’on attribue à la richesse ; grosses voitures, objets luxueux. Mais en parlant à nos amis, en étudiant les micro tendances, en particulier auprès des jeunes adultes, nous avons constaté que le but n°1 n’est plus d’acheter un maximum d’objets très chers. Aujourd’hui les gens préfèrent aller découvrir la Mongolie et avoir une expérience incroyable à raconter à leurs amis, plutôt que, par exemple, prendre un avion privé pour se rendre à Saint-Tropez « .

Soudainement, la consommation ostentatoire semble datée, voire obscène.

  • Pas de publicité traditionnelle

Ils ont compris aussi que la publicité traditionnelle ne fonctionnerait pas avec ce marché. « Nous avons essayé de trouver des idées créatives qui soient différentes et suffisamment  intéressantes pour que quelqu’un veuille le partager avec son réseau social, ou en parler à un dîner, parce que c’est juste différent et inattendu. Fondamentalement, nous avons essayé de trouver autant d’occasions de raconter notre histoire. »

Semaine prochaine : exemples de stratégies Story Telling

 

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