Bruno Mettling (Orange) anticipe l’entreprise digitale (Part 2)

Screen Shot 2015-01-08 at 5.33.11 PM

Bruno Mettling, directeur général adjoint du groupe Orange

Orange, une perpétuelle fabrique de projets !

Sa dernière idée ?

Accueillir des équipes internes et externes (startups, artistes…) et faire travailler tout ce petit monde dans un lieu inspirant et 100 % modulable.

L’enjeu : expérimenter d’autres manières de travailler et de manager à l’ère du digital.

Dans le prolongement d’un premier entretien où il nous livre ses convictions sur la digitalisation du travail – inéluctable et performante, si bienveillante – Bruno Mettling, directeur général adjoint du groupe Orange, nous accueille « villa bonne nouvelle » :

 

 

 

Screen Shot 2015-01-04 at 12.38.44 PM

 

PARTIE 2

(lire ici la Partie 1)

:: Orange est déjà largement présent dans et autour de Paris … Pourquoi un lieu de plus dans le quartier de Bonne Nouvelle ?

Bruno Mettling : Nous avons décidé d’avoir un lieu dédié à Paris, la Villa Bonne Nouvelle, pour explorer l’impact du digital sur les modes de travail.

Screen Shot 2015-01-08 at 2.44.25 PM

La logique ici est l’Open Company : un grand plateau 100% modulable, qui accueille à la fois des équipes projet d’Orange, des start-up externes et des artistes. Car on s’enrichit avec le partage, la collaboration, y compris avec des gens très différents. L’autre idée est de s’affranchir des contraintes habituelles d’un lieu de travail classique. Chacun est libre de travailler aussi bien debout devant un plan de cuisine, qu’assis à un bureau, avant ou après le coucher du soleil…

:: Qui sont les premiers “résidents” Orange ?

Bruno Mettling : Nous avons retenu trois équipes : l’une appartient à Orange Innovation Marketing et Technologie et travaille sur les objets connectées et le big data (plateforme Datavenue); l’autre équipe est issue d’Orange France, et collabore sur “orange et moi” le point d’entrée de la relation client sur smartphone. La troisième équipe appartient à la DRH et est chargée de la digitalisation de la formation pour les RH.

Durant les 9 mois que dure en moyenne un projet, ces salariés sont en dehors des règles de travail habituelles. Pas de références aux heures de travail, pas de dress-code. La seule chose que nous leur demandons est une obligation absolue de coopération et d’échange.

:: Quels enseignements en tirez-vous ?

Bruno Mettling : Nous en sommes aux premières semaines, mais l’expérience est excessivement concluante. Lorsque vous créez un tel univers de travail, les personnes viennent travailler le matin avec envie.

:: Pourquoi limiter à 9 mois ?

Bruno Mettling : 9 mois, pour que « le retour à la réalité » ne soit pas trop difficile pour ces salariés d’Orange et pour qu’ils « viralisent » leur expérience assez rapidement, au sein de leur équipe.

 

:: Et pourquoi ce nom Villa Bonne Nouvelle ?

Bruno Mettling : Comme un écho à la Villa Médicis et à l’esprit de création ? L’adresse elle-même est chargée d’histoire : il y a 55 ans était inauguré à Villa Bonne Nouvelle un central téléphonique où travaillaient les célèbres “demoiselles du téléphone”.

Screen Shot 2015-01-08 at 2.44.34 PM

La Villa Bonne Nouvelle, rue Mazagran à Paris, est au sein d’un immeuble historique du Groupe, datant de 1959 et qui a accueilli les « demoiselles du Téléphone » avant de devenir un central téléphonique.

La Villa est située près de la Silicon Sentier, un quartier où se multiplient les incubateurs. Il n’y a à ma connaissance pas d’autres exemples en France d’un tel lieu qui réunit à la fois les équipes d’une entreprise, des start-up et des artistes. C’est très innovant. Un dispositif d’observation, co-animé par D-sides, une filiale de Entreprises et Personnel, et des chercheurs d’Orange Labs, est mis en place afin d’évaluer l’amélioration de la qualité sociale, de la performance économique et d’identifier les clefs de succès pour la transformation digitale.

Je veux que nous capitalisions sur cette expérience. Cela va bien au-delà du groupe Orange. Il s’agit d’anticiper pour préparer.

:: A titre personnel, où puisez-vous votre inspiration ?

Bruno Mettling : Auprès des personnes que je rencontre. J’aime partager, j’aime échanger, ce sont mes ressorts personnels. Je suis attaché au modèle social français, mais il craque de partout, car il y a trop de rigidités.

En poste à la Caisse d’Epargne, je me souviens par exemple avoir passé des dizaines et des dizaines de soirées à expliquer à des petits groupes de directeurs d’agence pourquoi il fallait changer le mode de rémunération. Je savais qu’ils étaient les personnes les mieux placées pour faire réussir le projet, car en rapport direct avec leurs clients. Et nous avons réussi, tous ensemble.

La responsabilité du management est d’anticiper. Cette transformation digitale est née dans la sphère privée, et l’entreprise a des difficultés à l’intégrer. Mais je suis optimiste : loin de toute naïveté et conservatisme, repensons l’organisation des entreprises pour saisir la fantastique opportunité du numérique !

Lire l’entretien Partie 1

:: Pour aller plus loin

  • Bruno Mettling

Bio

Twitter

A l’occasion de la publication de son livre, Interviews dans l’Opinion, dans l’Usine Nouvelle

  • Villa Bonne Nouvelle

Page Facebook

Twitter

 

Écrire une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *