HOW I DID IT ? par Isabelle Spanu

14 05 2013
photo Isabelle Spanu

Isabelle Spanu

Avez-vous une stratégie "Social Media" cohérente  ?

Les réseaux sociaux ont transformé la manière de communiquer, et chaque marque cherche avec plus ou moins de succès à déployer sa présence sur les réseaux sociaux. Comment s’y prendre ?

Isabelle Spanu est communiquante la semaine dans un groupe du Cac 40; et le week-end, « chasseuse » de belles et bonnes adresses parisiennes dont elle fait partager sa communauté sur ses plateformes numériques, (ici => son Scoop.it ). Parfois même, elle les fait jouer, comme avec ce jeu sur Instagram  #zazainstamug qui fait appel à l’image et à l’émotion.  (Et si vous y participiez ? Date limite pour jouer :   22 mai !).

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Isabelle Spanu nous a accordé une interview en février dernier.

Aujourd’hui, Isabelle et moi-même vous proposons  une transcription tout en images de sa vision. Ce document,  qui se veut très opérationnel et se parcourt  en quelques minutes, a pour but d’aider à formaliser sa stratégie sur les Réseaux Sociaux, en se posant les bonnes questions.

Il est truffé de cas réels, conseils et best practice ! Découvrez le  "How I dit it !"  d’Isabelle Spanu.





Rencontre avec Mathieu SCHLEGEL, PETROSSIAN

23 04 2013
Mathieu Schelger, Directeur Développement Internet, Petrossian

Mathieu Schleger, Directeur Développement Internet, Petrossian

Certains troqueraient bien volontiers leur questionnement avec celui de Petrossian…

Partout dans le monde, dite ‘Petrossian’ et l’on vous répondra « caviar, saumon ».

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Or Petrossian est beaucoup plus que cela. Une simple visite dans la boutique mythique du boulevard de La Tour-Maubourg à Paris, ou sur son site web, convainc aisément. La gamme produits est étendue, la maison allant jusqu’à éditer sa propre ligne de créations, singulière et audacieuse, à base de caviar : Crème de Caviar® , Fleur du Caviar®, Papierusse®, Eggxitings®,…

Cependant, la notoriété incontestable de Petrossian  intimide ceux qui n’ont pas encore osé en pousser la porte.

La maison a de l’ambition. Alors se pose la question :  comment multiplier les occasions de consommer ses  produits ? Comment amener les clients habituels qui se pressent au moment des fêtes en boutiques ou sur Internet pour acheter du caviar, à partager d’autres produits, toute l’année, lors d’un samedi à la mer ou un dimanche au parc. Encore mieux, comment faire découvrir Petrossian aux jeunes générations, plus portées sur la «  finger food » que sur les grands diners d’apparat ?

Une réponse nous est venue la semaine dernière, avec, pour la première fois depuis la création de Petrossian en 1920, le lancement d’une Collection Printemps-été 2013.  

Collection Printemps / Eté 2013

Collection Printemps / Eté 2013

 

Le catalogue 'papier' présentant la Collection Printemps / Eté 2013

La couverture du catalogue ‘papier’ présentant la Collection                 Printemps / Eté 2013


 

 

Mathieu SCHLEGEL, Responsable Développement Internet de Petrossian , nous livre les enjeux de ce lancement :

Mathieu Schelger, Petrossian

Mathieu Schleger, Petrossian

BIO

 Mathieu Schlegel a fait ses premières armes lors du lancement d’Amazon.fr en 2000, prenant part à la mise    en place du service client du site français, au développement du programme d’affiliation, et enfin au lancement de la place de marché en France. Il s’investit ensuite dans le commerce des produits culturels en places de marché, puis rejoint Petrossian en 2007 pour prendre en charge les différentes activités Internet du groupe en Europe.

 

:: Qu’est-ce qui a amené Petrossian à lancer une collection “Printemps-Eté 2013” ? 

Mathieu SCHLEGEL : C’est en effet la première fois que nous sortons une collection Printemps-Eté. Il s’agit pour nous de montrer, au-delà du caviar, l’excellence de nos savoirs. Le caviar est notre produit emblématique, mais nous nous sommes aperçus d’une chose à la boutique : Madame Petrossian voit régulièrement passer des jeunes gens qui osent pas pousser la porte du magasin, intimidés par le caviar et l’imaginaire qu’il véhicule. Son reflexe est d’aller à leur rencontre en leur disant  « Entrez, soyez les bienvenus et constatez par vous-même tous les produits autres que nous pouvons vous proposer ». Avec cette collection, nous voulons adopter sur tous nos canaux la même attitude que celle de Madame Petrossian en magasin.

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:: Comment « désacraliser » l’image, sans perdre le côté prestige et raffinement de la maison ?

Mathieu Schlegel : Nous ne souhaitons pas désacraliser l’image de notre maison, bien au contraire. Nous croyons simplement qu’il est possible de multiplier les petits plaisirs tout le long de l’année avec du Petrossian. Petrossian est une marque prestigieuse, authentique par nature et innovante dans ces produits. Le savoir-faire du caviar y a été transmis de générations en générations depuis le début du XXe siècle, tout comme celui du saumon fumé et du tarama, entre autres. Il faut rappeler que Petrossian a reçu le label d’Entreprise du Patrimoine Vivant  en reconnaissance de la spécificité de son savoir-faire. Nous capitalisons sur ces savoir-faire pour créer des produits et concepts innovants, établissant de nouveaux standards en matière de consommation du caviar, et d’exigence sur la qualité gustative de tous nos produits.

Mais notre exigence ne se limite pas aux produits, elle se traduit aussi dans notre disponibilité pour les clients. L’expérience Petrossian, c’est pour le client de bénéficier d’une attention sans égale, que ce soit à l’accueil dans nos boutiques, ou bien sur Internet grâce au service de Chat sur Petrossian.fr et le suivi personnalisé de toutes les commandes.

:: Comment avez-vous travaillé cette collection Printemps-Eté ?

Mathieu Schlegel : Notre volonté est d’enclencher une nouvelle démarche chez les amateurs de bonnes choses, qu’ils pensent Petrossian non seulement pour le caviar et les fêtes de fin d’année, mais aussi lors d’occasions plus légères. C’est pourquoi cette collection réunit l’ensemble de nos savoir-faire grâce à des produits emblématiques et innovants, sublimes et simples à partager.

Nous mettons également en valeur dans la collection Printemps été des créations Petrossian, des produits dont les prix n’ont d’ailleurs rien à voir avec ce que la plupart des gens s’imaginent. Par exemple,  le Caviar Eggiting ®, une première mondiale lancée en 2006 qui a inspiré un mouvement de renouvellement de la présentation du caviar [ndlr : une « sphère » de 12 gr de caviar à déguster sans table ni nappe] est à un prix accessible, 22€, tout en restant le plus respectueux du produit en lui-même.  Il y a aussi la ‘Fleur de Caviar’®, et la Caviarcream®

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Caviar Eggiting ®, une première mondiale lancée en 2006 qui renouvelle la présentation du caviar

:: Vous avez aussi créé ce printemps un Coffret Brunch. On n’attendait pas forcément Petrossian sur l’instant du brunch. Quelle est votre démarche ?

Mathieu Schlegel : Avec ce Coffret Brunch, aux codes à la fois frais et luxueux, nous avons voulu présenter une sélection de produits mythiques, que l’on a plaisir à présenter pendant la belle saison. Comme ils ne nécessitent pas de préparation, ils sont parfaits pour un brunch ! Petrossian, c’est aussi cela : l’art du partage et de la convivialité.

Le Coffret Brunch Petrossian, lancé en Avril 2013

Le Coffret Brunch Petrossian, lancé en Avril 2013

=> Voir la  vidéo de présentation du Coffret Brunch,  par d’Armen Petrossian PDG de Petrossian, sur le blog QueJadore

 

:: Alors que tout le monde ne jure que par le « brand content », vous avez été précurseur dans ce domaine. Notamment par le biais de mini vidéo dans lesquelles  Armen Petrossian, PDG, se met en scène et parle de sujets spécifiques. Avec le recul, quelle leçon en tirez-vous ?

Mathieu Schlegel : Le contenu éditorial est important pour une marque comme Petrossian. Notre site est un site e-commerce ET institutionnel. En effet, nous accordons la plus haute importance à diffuser sur Internet une information solide et fiable concernant le caviar. C’est un produit complexe et très peu connu. On dit tout et n’importe quoi à son sujet. Grâce à notre connaissance globale et mondiale du sujet, et par l’implication d’Armen Petrossian,  Petrossian est la référence en ce domaine.

Un tableau 'Armen Petrossian' sur Pinterest

Un tableau ‘Armen Petrossian’ sur Pinterest

:: De quels contenus vos clients sont-ils les plus friands?

Mathieu Schlegel : Nous insistons beaucoup sur les critères à prendre en compte dans le choix de son caviar. Les novices ne parlent que des pays d’origine, alors que ce critère n’a que très peu d’influence. Nous leur montrons que c’est l’espèce d’esturgeon qui fait la différence (comme les cépages dans le vin) et le travail d’affinage et de sélection, qui est notre savoir-faire.

Sur petrossian.fr, l’internaute peut visualiser une série vidéos ‘Saga’ dans lesquelles Armen Petrossian présente l’histoire et le savoir-faire de la maison :

 

 

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:: Sur Facebook, Petrossian a près de 2 500 fans . Contrairement à d’autres marques de luxe, vous ne semblez pas vouloir faire la surenchère au nombre de fans. Est-ce volontaire ?

Mathieu Schlegel : Sur les réseaux sociaux, notre démarche consiste à établir une véritable relation, un échange avec toutes les personnes qui sont intéressées par notre marque et nos produits. Cela se traduit sur Facebook par des publicités peu intrusives, des posts de qualité, la mise en valeur des savoir-faire de la maison et la valorisation de l’engagement des fans. Par exemple sur Pinterest, nous avons lancé l’année dernière un tableau dédié à nos fans, où nous partageons leurs expériences Petrossian. Nous sommes donc clairement sur une stratégie orientée sur l’engagement plutôt que sur l’audience.

Sur Pinterest, un tableau dédié aux fans, qui partagent leurs expériences Petrossian.

Sur Pinterest, un tableau dédié aux fans, qui partagent leurs expériences Petrossian.

La course aux fans Facebook pousse certains à acheter des fans, à multiplier les jeux-concours. Notre sentiment est que ces techniques portent le risque d’accumuler les chasseurs de primes, et de créer un fossé entre les typologies des fans et des clients. Nous tenons à conserver une cohérence sur ces deux groupes.

:: La marque ne courre-t-elle pas alors le risque de manquer de  visibilité ?

Mathieu Schlegel : Ce qui fait actuellement défaut sur les réseaux sociaux, et sur Facebook particulièrement, c’est l’esprit du marketing de la permission que Seth Godin avait théorisé. La stratégie de l’engagement, qui est la traduction actuelle de ces théories, c’est d’amorcer sur les réseaux sociaux une relation riche et un véritable échange, qui se traduit en « likes » en « partages » en commentaires, en messages directs, etc. C’est ce mécanisme vertueux qui traduit au mieux les valeurs d’excellence et de convivialité de Petrossian.

 

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:: Seth Godin a écrit le Permission Marketing en 1999. Est-ce toujours actuel en 2013 ?

Mathieu Schlegel : Si les moyens sont différents, les principes n’ont pas évolué. A l’époque, Seth Godin montrait que le système des publicités à l’affichage non ciblé était dépassé. Il a ouvert la voie à de nombreux développements technologiques, et le développement du search marketing lui doit beaucoup ! Mon impression est que l’arrivée de Facebook a réintroduit sans le vouloir la publicité non ciblée. Facebook a mis en place des outils publicitaires basés sur des outils de segmentation relativement sommaires, comparés à ce que Google ou Amazon ont pu développer. De ce fait, les annonceurs se tournent vers des stratégies d’affichage, et ils bombardent à tout va. Quelle sera l’influence de cette affluence sur la relation clients/marques ? Je n’en sais rien. Par contre, je suis persuadé que nous ne sommes qu’au tout début de la publicité sur réseaux sociaux.

:: Et les bloggeurs ? Quelle place tiennent-ils dans l’équation ?

Mathieu Schlegel : Je n’aime pas parler de « blogueurs ». Pour moi, c’est un terme trop restrictif par rapport à l’étendue des possibilités de prise de parole sur le Net. Il y a simplement des personnes qui, par leurs goûts, leurs qualités personnelles, leurs savoir-faire, sont reconnues et suivies par d’autres. Personnellement, je suis ces personnes aussi bien sur Instagram que sur Facebook ou leur blog. Cela dépend de l’utilisation que je fais de leurs posts. Pour Petrossian, j’aime avant tout faire découvrir nos produits et qui nous sommes. Nous ne payons pas de blogueurs, et nous laissons l’entière liberté aux personnes que nous rencontrons de ne pas publier à notre propos. Nous croyons suffisamment en ce que nous faisons pour laisser les choses se faire ainsi. Et l’influence que nous en tirons a une grande valeur.

POUR ALLER PLUS LOIN

http://www.petrossian.fr/

http://www.facebook.com/pages/Caviar-Petrossian/11983602666

https://twitter.com/Petrossian_FR

La présentation en vidéo d’Armen Petrossian PDG de Petrossian :

http://quejadore.com/Luxe/Gastronomie/Le-brunch-by-Petrossian





LONGCHAMP : un flagship digital en Responsive Design

3 04 2013
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La home ‘full screen’ de Longchamp.com

 Communiqué de presse

Logo Longchamp

LONGCHAMP LANCE SON NOUVEAU FLAGSHIP DIGITAL !

La célèbre maison de luxe française lance en ce début d’année une toute
nouvelle version de son site sous la forme d’un tout nouveau Flagship
Digital doté d’une belle plateforme de créativité.

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Marie-Sabine Leclercq, Directeur internationale de la communication et du
marketing opérationnel explique : « Le nouveau « Longchamp.com » est d’abord
une vitrine qui fait appel aux sens. Ce nouveau site raffiné qui combine
institutionnel et e-commerce, plonge ses visiteurs dans une vraie "boutique
virtuelle".  Il propose ainsi un parcours de découverte complet qui permet
aux visiteurs d’être guidés au fil des collections de sacs mais aussi de
prêt-à-porter et de souliers. »

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C’est un flagship digital qui nous permet de nous faire connaître dans le
monde entier, qui nous accompagne dans notre croissance, et nous permet de
recruter, à fidéliser et bien sûr de vendre. Nous avons un objectif d’image
et un objectif commercial. De plus le site étant très ouvert, il va, du fait
de sa flexibilité, bouger au fil de la créativité de la marque. Nous ferons
danser ce site en fonction de nos actualités et de nos rencontres. Le
digital nous aide d’une manière générale à nous réinventer. »

Customisation du produit, en multi devices

Customisation du produit, en multi devices

Marie-Sabine Leclercq déclare : « Nous avons privilégié le format « plein
écran » afin de mettre en valeur l’image et surtout donner de l’émotion. Un
espace « défilé » est également mis en avant où nous diffusons les vidéos du
prêt-à-porter car nous souhaitons vraiment mettre l’accent sur cette ligne.
Les pages sont simplifiées pour une ergonomie plus évidente, l’utilisateur
peut toucher le produit avec les yeux… Ce site fait d’ailleurs appel à tous
les sens, nous sommes dans la couleur, le toucher, la matière. »

Anne Watts, responsable Internet, revient sur les objectifs de ce lancement
: « Nous avons fait le choix, à contrario de nombreuses autres marques de
luxe, de ne pas multiplier les sites et applications sur mobiles et
tablettes, mais de faire un choix technologique fort et novateur dans notre
secteur.

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Le site est créé en « responsive design » pour s’adapter à tous les devices

Ce site original qui est une refonte totale, évolutive et inédite. Il est l’un
des tous premiers du secteur du luxe à être pensé en « responsive design » ;
qui permet de s’adapter à tous les écrans, il a donc une navigation sur
mesure avec pour chacun une esthétique adaptée.

La rubrique institutionnelle «Let’s play »


La rubrique institutionnelle «Let’s play »

Le site Longchamp se situe au centre d’un écosystème très bien organisé, la
Maison Longchamp étant déjà très active sur tous les réseaux sociaux comme
Facebook, Twitter, Pinterest ou encore YouTube, Weibo…

Longchamp.com est l’élément central de cet écosystème. Il est le lieu d’arrivée
d’une balade virtuelle dans lequel l’internaute  trouve une information
concrète dans une l’esthétique luxueuse faite de nuances grises et acier
avec des éclats de couleurs pour la rubrique du célèbre sac Le Pliage, du
ludique pour la rubrique institutionnelle « Let’s play », où les valeurs
Longchamp sont développées de façon artistique.

Michel Campan, de l’agence Same Same : « Nous voulions créer un site qui
reflète l’optimisme de la Maison Longchamp. Tout au long du processus de
création avec les équipes Longchamp, nous avons en permanence cherché à
exprimer deux valeurs clés du luxe : raffinement et simplicité. Ainsi, en
arrivant dans le site, l’utilisateur est réellement plongé dans l’univers d’une
vraie boutique avec son merchandising soigné. Pour résumer, nous avons
simplement créé un écrin au service du produit magnifié… qui est la star du
site. »

Le site sera déployé tout au long de l’année 2013 dans tous les pays.
Dès janvier 2013, le site sera lancé en Europe, notamment en France, en
Grande-Bretagne et en Allemagne, puis en Belgique. Suivront les Etats-Uni au
Printemps pour terminer l’année avec l’Asie, (Japon, Chine, Corée, Taiwan,
Hong Kong).

Longchamp et le web : un peu d’histoire
Longchamp a lancé son premier site Internet en 2000. Dès 2003, la marque
lance sa première e-boutique autour des pliages. Et en 2006, le premier site
de vente en ligne voit le jour aux Etats-Unis (aujourd’hui, le site Internet
est le premier point de vente américain en termes de chiffre d’affaires). En
septembre 2009, la France inaugure son premier site de vente en ligne. Le
site de e-commerce sera élargi, en 2010, à la Grande-Bretagne et à l’Allemagne,
et en 2011 au Japon.

La Maison Longchamp est toujours détenue et dirigée par la famille. L’offre
produits s’est considérablement élargie au cours des années ; des articles
de voyage aux accessoires et sacs féminins. De prestigieuses campagnes
publicitaires, la création de it-bags internationaux, de collections de
souliers et de prêt-à-porter ont résolument inscrit la marque dans le monde
de la mode.
Représentée dans le monde entier à travers plus de 236 boutiques et un total
de 1800 points de vente dans une centaine de pays, Longchamp réussit à
allier savoir-faire et innovation.

Pour aller plus loin :

Logo Longchamp

Longchamp.com

La campagne Printemps 2013 de Longchamp a été filmée à l’aéroport JFK de New York avec Liisa Winkler et Coco Rocha, visage Longchamp depuis trois saisons, sur la chanson "You Should Be Dancing" des Bee Gees.

Le board Pinterest dédié à la chorégraphie :

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Medias sociaux : la vision d’Isabelle Spanu, une personnalité au coeur du numérique

27 02 2013
Isabelle Spanu

Isabelle Spanu

Dans la Real life,

elle est communiquante la semaine dans un groupe du Cac 40;  et le week-end, « chasseuse » de belles et bonnes adresses parisiennes dont elle fait partager sa communauté.

Dans la Vie numérique,

elle est présente sur de nombreuses plateformes digitales. Et déjà ailleurs.

Connaissez-vous enjoy my tribu ? Elle, oui. Elle teste ce nouveau réseau pour nous.

Car Isabelle Spanu est comme cela. Généreuse et dans l’échange.

Est-ce son origine méridionale ? Toujours est-il qu’en blogueuse passionnée de social media et spécialisée dans les bons plans culturels et gourmands à Paris, elle est dans l’expérimentation numérique constante : carte de visite digitale, jeux primé sur Pinterest, board de marques

Board Pinterest d'Isabelle Spanu. Au total :  129 boards ! Dont certains sont des booards dédiées à des marques "life-style'.

Board Pinterest d’Isabelle Spanu. Au total : 129 boards. Dont des booards de marques "life-style’. Résultat : près de 1 600 abonnés.

Son maitre mot : « JustDoIt ». Une belle invitation, pas si anodine que cela, quand tant jouent la proscrination, alors que l’on sait tous combien tester est la clé du succès sur les réseaux sociaux.

Elle a même ses hashtags officiels : #avel’accent #ondiraitleSud

Quelles sont les clés de réussite pour engager vos cibles sur les médias sociaux ? Eléments de réponse avec  Isabelle Spanu.

:: Vous êtes active sur de nombreuses plateformes digitales (Twitter, FB, Pinterest, Instagramm, Viddy, Foursquare, Tumblr, Scoop.it…). De quand date votre « plongée » dans le numérique ?

Isabelle Spanu : J’ai d’abord créé mon profil sur Facebook le 31 juillet 2008 puis sur Twitter le 16 février 2011. J’ai vite compris le formidable potentiel des réseaux sociaux en terme d’information, de partage d’expertise, de bonne humeur et de création de lien social !

Dans la foulée, par plaisir de la découverte et des échanges, je me suis intéressée à d’autres réseaux sociaux sur lesquels j’entretiens aujourd’hui une présence régulière : Instagram, Foursquare, Pinterest, Tumblr, Scoop.it pour n’en citer que quelques uns.

J’ai aussi créé ma carte de visite digitale sur flavors.me.

Le CV digital d'Isabelle Spanu sur flavor-me

Le CV digital d’Isabelle Spanu sur flavor-me

De mon point de vue, l’ensemble de ces réseaux sociaux se complètent et permettent de partager différemment son actualité, ses centres d’intérêt avec ses communautés.

STRATEGIE OMNICANAL : le Board Pinterest est mis en avant sur Tumblr.==> une synergie se créée entre les différents media sociaux

STRATEGIE OMNICANAL : le Board Pinterest est mis en avant sur Tumblr.==> une synergie vertueuse se créée pour former un écosystème numérique

:: A peine un nouveau média social débarque en France… vous le testez illico. Avec le recul dont vous bénéficiez, quels sont les leviers spécifiques à chacun ?

Isabelle Spanu :

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Facebook : ce réseau social permet notamment :

-        de donner une visibilité à la marque de manière ludique et conviviale (humaniser l’image de la marque)

-        d’interagir avec sa communauté de fans autour de l’actualité de la marque ou d’un évènement spécifique tel que le lancement d’un produit ou d’un service

-        d’impliquer sa communauté en lui demandant son avis, en s’appuyant (de préférence) sur un visuel, pour renforcer l’impact (la contrepartie pour la marque étant de prendre en compte les retours et d’y donner une suite)

-        d’engager et animer sa communauté via un jeu concours

-        faire de la publicité ciblée et des mini-enquêtes

-        proposer un service de SAV….

Facebook contribue ainsi à créer de la préférence de marque, développer sa notoriété, recruter des prospects, fidéliser ses clients, dans une démarche d’interactivité et de partage.

•    Twitter logo

Twitter : cette plateforme numérique permet à la fois

-        de diffuser de l’actualité sur la marque et plus globalement sur son périmètre d’activité, dans un esprit d’ouverture et avec potentiellement un effet viral très fort

-        d’échanger directement avec le grand public

-        d’initier une relation clients numérique (y compris le SAV : en mettant à disposition (de préférence) un compte twitter dédié en complément du compte twitter officiel de la marque)

-        de réaliser une veille concurrentielle

-        de relayer en live un évènement (par exemple une conférence de presse) et accroître ainsi la visibilité de la marque.

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Pinterest : un outil complémentaire de communication et de vente basé sur le pouvoir de l’image en créant un univers inspirant pour :

-        présenter ses produits

-        proposer une vision autour des territoires d’expression de la marque, au-delà de la mise en avant de produits

-        engager sa communauté en lui proposant un jeu concours

-        l’emmener dans les coulisses d’un évènement pour créer et renforcer la proximité avec la marque

-        et, pourquoi pas, faire sa revue de presse en réunissant des articles (notamment des interviews) qui parlent de la marque pour gagner en visibilité et notoriété

A noter que j’ai récemment découvert un nouveau réseau social :

logo enjoymytribuEnjoy my tribu (@EnjoyMyTribu), simple d’utilisation. Il complète mon usage personnel de Pinterest : Pinterest pour partager mes inspirations et Enjoy my tribu pour proposer mes recommandations via des boîtes à idées

Instagram :

Instagramm logo

 Ce réseau social favorise la promotion de l’image de marque via un contenu visuel qui permet d’engager sa communauté en lui faisant partager en direct

-        un évènement

-        les coulisses de la marque

-        en lui proposant un jeu concours

-        en lui donnant "rendez-vous" à certains moments de la journée comme par exemple le matin ou le week-end, le vendredi aussi, en choisissant un visuel en lien avec l’univers de la marque.

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Foursquare : ce réseau social permet par exemple

-        de référencer les lieux d’information pour une office du tourisme, les points de vente pour une marque…

En prolongeant leur présence dans l’univers numérique, cela leur permettra ensuite, via une page marque Foursquare

-        de proposer des bons plans à leurs clients/prospects lorsqu’ils réaliseront un check-in dans l’un de ces lieux

-        de renforcer le lien de proximité avec leur communauté grâce à des conseils géolocalisés et des listes thématiques en lien avec l’actualité de l’entreprise, ses offres et services.

logo tumblr

Il ne faut pas oublier Tumblr qui fédère des communautés très actives et facilite la mise en ligne et le partage de contenus sur les autres réseaux sociaux. Ce réseau social permet par exemple à une marque :

-        de mettre en avant son savoir-faire en partageant ses retombées presse (voir le Tumblr de Tony Onestas, Responsable Communication Web & Social Media Manager chez NRJ http://tonyonestas.tumblr.com)

-         relayer un évènement

-        communiquer autour de son actualité souvent dans un esprit fun et décalé pour gagner en visibilité et notoriété.

:: Quels seraient vos 5 "conseils d’amis " pour bien aborder les Réseaux Sociaux en 2013 ?

Isabelle Spanu : Il faut en effet garder plusieurs principes à l’esprit :

- les réseaux sociaux sont au service d’une stratégie de marque : avant de déployer une présence de marque sur les réseaux sociaux, il faut toujours réfléchir en amont à une stratégie :

=>quel est l’objectif ?

=>qu’a à dire la marque ?

=>comment le dire ?

=>à qui souhaite t’elle s’adresser ?

=>où se trouvent ses clients, son public ?

=>quel(s) est (sont) le(s) réseaux social(aux) appropriés pour le faire ?

- le contenu est la clé : il doit être intéressant, utile, engageant et adapté à chaque réseau social

- il faut respecter l’ADN de chaque réseau social et adapter sa communication en conséquence pour coller aux spécificités et aux attentes des différentes communautés

- il est opportun de créer des synergies entre ces différentes plateformes pour augmenter la visibilité du contenu et fédérer le plus grand nombre de personnes

- il faut savoir remercier/récompenser ses communautés pour leur implication

- enfin, être patient : une stratégie dans les médias sociaux demande un engagement sur le long terme

Tout un univers LifeStyle, à l'image de ces gâteaux digitaux ...

Passionnée des médias sociaux, connue sous le pseudo PrincessZaza, Isabelle Spanu joue d’inventivité  à l’image de ces gâteaux digitaux …

:: Quels sont les 3 apps dont vous ne pourriez plus vous passer ?

Isabelle Spanu : Je dirais la majorité des applications qui permettent de se connecter à tous ces réseaux sociaux en mobilité et notamment, Twitter, Facebook et Instagram.

•    Et vos 3 sources de veille ?

Isabelle Spanu :  Je suis l’actualité essentiellement via

-        Twitter

-         Scoop.it qui permet de réaliser de la curation de contenus

-        et récemment, Youmag pour ma revue de presse.

:: Vous avez organisé, à l’occasion de la Saint-Valentin, un jeu novateur sur Pinterest. Quelle était la mécanique ?

Isabelle Spanu : La démarche a été initiée à titre tout à fait personnel. Le principe était simple : les participants étaient invités à envoyer une photo qui témoignait le mieux de leur vision romantique de l’Amour à une adresse mail dédiée. Je la partageais ensuite dans un board spécifique #ZazaValentinesDay, et la photo qui a obtenu le plus de likes sur Pinterest entre le 1er et le 14 février gagnait une surprise romantique.

Le jeu St Valentin sur Pinterest

LA PHOTO D’ILLUSTRATION DU JEU #zazaValentineDay

:: Pour quels résultats ?

Isabelle Spanu : Sur Pinterest : au total 18 participants avec une moyenne de 12 likes et 7 repins par photo et une augmentation de plus de 200 followers sur mon profil.

Board St Valentin   2

Pour annoncer le concours, Céline Louis m’a également proposé une interview sur le blog live Orange.

De mon côté, j’ai fait la promotion du jeu concours et l’ai animé pendant toute sa durée à la fois sur :

Twitter (via un hashtag dédié)

Facebook (via des posts réguliers tout au long du concours et en utilisant 2 posts sponsorisés qui ont permis à ma publication d’être vue 5 fois plus).

Sur twitter : via le hashtag #ZazaValentinesDay :

-       environ 200 000 impressions (nombre de fois où le message contenant le hashtag a été potentiellement vu)

-       un reach de 30 000 (nombre de personnes qui ont été touchées par le tweet)

-       environ 160 tweets avec 20 twittos contributeurs.

:: Quels enseignements en tirez-vous ?

Isabelle Spanu : Tout d’abord, je me suis vraiment bien amusée ! Je souhaitais que cette initiative me permette de développer l’interaction et la découverte de mes followers, pour moi l’objectif est atteint.

Je remercie encore une fois les 18 participants et toutes les personnes qui ont partagé l’information sur le concours ainsi que celles qui ont liké les photos.

Le fait d’utiliser différents réseaux sociaux en se servant des leviers spécifiques à chacun pour relayer le jeu, à différentes heures de la journée et à des moments clés, a permis de gagner en visibilité.

L’animation est aussi essentielle tout au long de la durée du jeu pour maintenir un intérêt constant au sein de ses communautés et inciter à y participer.

:: Vous avez créé sur votre board Pinterest personnel, des boards de marques aux contenus impressionnants, à rendre jalouses les marques elles-mêmes… Pourquoi cette démarche ?

Des Boards de marque

Des Boards de marque sur Pinterest

Isabelle Spanu : Je mettais déjà en scène à titre personnel des produits de grandes marques tel que Starbucks ou Converse à l’occasion de mes promenades parisiennes. J’ai alors réfléchi aux marques affinitaires que j’avais envie de mettre à l’honneur et qui proposent (ou pour lesquelles il existe) du contenu inspirant avec une approche plutôt artistique, « life style » au-delà de l’aspect commercial, pour rester fidèle à ma ligne éditoriale qui est de partager des moments de vie plus que des produits.

Certaines d’entres elles ont d’ailleurs un compte Pinterest et/ou Instagram qui me permet d’alimenter mes boards.

J’espère créer des liens avec ces marques au fil du temps et suis à leur disposition pour échanger. Lorsque ces marques ont un compte Twitter officiel, je les ai informées de mon initiative et certaines d’entres elles m’ont répondu, telle que Coca Cola, Nespresso, McDonald, ou Roland Garros.

:: Que pensez-vous de Vine, le nouveau service de Tweeter ? Les marques ont-elles intérêt à s’en emparer ?

Vine-logo

Isabelle Spanu : Vine permet d’enrichir l’expérience des utilisateurs sur Twitter en ajoutant au tweet une vidéo de 6s. Comme sur les autres réseaux sociaux, les vidéos peuvent être likées et commentées, vous pouvez suivre des personnes et être suivi. Aujourd’hui le service n’est disponible que sous forme d’application pour iPhone.

Avec Vine, Twitter élargit ainsi potentiellement sa base d’utilisateurs aux amateurs de contenus animés comme ceux que l’on peut trouver sur Tumblr. Pour promouvoir une marque en utilisant Vine, mieux vaut toutefois avoir un scénario en tête et un esprit créatif sinon le résultat n’aura que peu d’intérêt.

Il est trop tôt pour prédire le succès de Vine mais comme souvent en matière de réseaux sociaux, il est intéressant de l’expérimenter pour s’approprier l’outil et en affiner les usages (jeu concours, relai évènementiel, enrichissement de la relation clients…).

Comme dirait le brillant Dominique Delport, Global MD Havas Media Group (@domdelport): "We try, we fail, we fix" (on essaye, on échoue, on ajuste).

:: Un dernier conseil ?

Isabelle Spanu : Je concluerai sur une pensée de Jeff Bezos, PDG d’Amazon, qui souligne qu’ « une marque c’est ce que l’on dit de vous lorsque vous avez quitté la pièce ». Cela fait écho aux propos de l’excellent guide social media 2012 de l’agence Wellcom qui rappelle que nous sommes passés de l’ère de la communication à celle de la réputation. Soigner sa présence sur les réseaux sociaux, terrain d’expression des internautes, est donc devenu nécessaire.

Retrouvez Isabelle Spanu (#princessZaza) :  toutes ses adresses sur sa carte de visite digitale





Oscar de la Renta capitalise sur l’Open Graph

28 01 2013

Oscar de la Renta logo


Voilà un couturier qui sait parler aux femmes.

A l’occasion de la Saint-Valentin, Oscar de la Renta a adressé à ses clientes,  le 23 janvier, un e-mail pointant  vers son e-catalogue ‘Cadeaux Saint Valentin’ (accessible depuis  la page d’accueil du site www.oscardelarenta.com et dans la section ‘Gifts’).

Objet de l’email : “A Guide to Valentine’s Day Gifting.”

E-mailing Saint Valentin Oscar de la Renta

E-mailing Saint Valentin Oscar de la Renta  avec un bouton ‘Shop now" renvoyant au e-catalogue

LE "GIFT GUIDE"

GIFT GUIDE Oscar de la Renta

GIFT GUIDE Oscar de la Renta

Le catalogue cadeaux est entièrement dédié à la Saint-Valentin :

- Une large sélection de cadeaux, présentés en cinq rubriques  : vêtements, accessoires, chaussures, bijoux et parfums

- Des  entrées multiples vers le catalogue  :

a) par style :  “Signature Oscar,” “Pure Luxury,”

b) par prix : “Gifts Under $1,000,” “Gifts Under $500,”

c) par cibles :  “For Him,” “For Her,”  “For Children

d) et enfin par  produits : “Holiday Dressing”, parfums, bijoux …

- Une gamme de prix étendue (de $22 pour un vernis à ongles à $6,190 pour une robe griffée du couturier) qui permet de rendre la marque accessible à la cible des « Aspirational Shoppers », avec des cadeaux à prix modéré.

FAIRE CONNAITRE SES ENVIES CADEAUX

Capitalisant sur ‘l’Open Graph’, les  utilisateurs de Facebook peuvent, pour tout article du catalogue, faire connaître l’intérêt qu’ils portent à tel ou tel article, en cliquant sur l’un des 3 boutons de partage  :   Need,  Obsessed, Own.

Boutons "sociaux' sur chaque Page produit du e-catalogue GIFTS.

Boutons "sociaux’ sur chaque Page produit du e-catalogue GIFTS.

Bonus immédiat pour la cliente : faire savoir à ses "ami" sur Facebook le ou les articles qu’elle possède déjà, ceux qu’elle aimerait recevoir en cadeau. Une wish list qui n’en a pas le nom…

Bonus pour la marque : des taux d’engagement accrus.

PAGE PRODUIT AVEC LES BOUTONS "D’INTENTION’

Une Page produit du e-catalogue Cadeau

Une Page produit du e-catalogue Cadeau

LES BOUTONS D’INTENTION, sur la Page Produits

Les Boutons d'intention

Les Boutons d’intention

LA PAGE FACEBOOK pour autoriser le partage d’information à sa communauté Facebook

FB Oscar de la Renta

Un exemple intéressant de viralisation et de personnalisation de l’expérience utilisateur. Exemple à suivre ?





"Marque média" : les exemples de Gap, Scoopitone…

16 01 2013

Se rendre visible par tous les moyens.

Tel pourrait être l’une des définitions du Content Marketing.

A l’instar d’un GAP, qui au travers de sa plateforme numérique, styld.by, donne carte blanche à des bloggers affiliés à des sites de mode très connus (Refinenry29, Lookbook.nu) pour révéler leurs coups de cœur au sein des Collections Gap. L’achat sur styld.by se fait d’un clic,  en renvoyant sur gap.com.

styld.by

styld.by

Mais comment les marques peuvent-elles produire tout ce contenu ?

Ont-elles les compétences en interne ? Et le temps disponible ?

Une pléiade d’acteurs s’est positionné sur ce marché prometteur du Content Marketing : agences éditoriales, agences de presse, maisons d’édition et groupes de presse

Qui sera le mieux placé ?

 

Marc-Philippe Dubreuil : " Nous entrons dans l’ère de L’Internet du Sens"

Scoopitone, éditeur de marques, défend une approche différente, de par la formation de ses dirigeants, anciens journalistes et ‘patrons’ de business unit dans les médias.

Marc-Philippe Dubreuil a plus de 20 ans dans l’univers de la presse et des media, à des fonctions de direction de titres, de marketing et d’innovation. Il fut notamment Directeur Marketing de l’AFP et Responsable de la cellule développement d’Emap/Mondadori.

Marc-Philippe Dubreuil

Marc-Philippe Dubreuil

Jean-François Moruzzi est journaliste et éditeur,  avec 27 ans d’expérience dans les média, sur le terrain et à des postes de direction et de management. Il fut Directeur général d’Hachette Pratique de 2007 à 2011.

Jean-François Moruzzi

Jean-François Moruzzi

A l’aube de 2013, Marc-Philippe Dubreuil nous livre ici sa vision du Content Marketing en France.

- La tendance est aux "marques média", qui créent leur propre contenu. Comment l’expliquez-vous ?

Marc-Philippe Dubreuil : D’abord, les marques deviennent des médias. Elles ont a-minima un site qu’il faut faire vivre sous peine d’être marginalisées, et je ne parle pas de e-commerce, de blog ou de réseaux sociaux. La contrainte est là.

Elles sont dans l’obligation de porter leur message sur ces supports, en se les appropriant, donc en offrant un contenu éditorial qui colle à leur discours et leur positionnement.

Ce n’est pas de la com à proprement parler, mais le besoin de prendre la parole en phase avec son environnement, clients comme partenaires, et de s’insérer dans la conversation.
Cette tendance va-t-elle s’accentuer en 2013 ?

Marc-Philippe Dubreuil : Oui, car nous entrons dans l’ère de L’Internet du Sens, troisième phase après celles de l’Internet Techno puis de l’Internet Social.

Les gens veulent du sens, de l’utile, du pratique, voire du divertissement. C’est la clé de l’audience, de la viralité et de l’adhésion.

Chaque marque a son dispositif, site, page facebook, community management ou autre, alors qu’est-ce qui peut faire la différence sinon ce qu’on met "dans les tuyaux" ?
- Comment Scoopitone se positionne-t-il, sur le marché déjà bien occupé des agences éditoriales, agences de presse, maisons d’édition et groupes de presse ?

Marc-Philippe Dubreuil : Avec un parti-pris : qui ont dans leurs gènes et leur expertise l’écriture sur toutes les formes, texte, vidéo, audio, photo, sinon les journalistes ?

Scoopitone, c’est un réseau premier cercle de plus de 100 contributeurs, journalistes et auteurs, qui peuvent produire tout contenu pour tout support, encadrés par deux managers des médias blanchis sous le harnais.

Mais aussi avec un pari, celui de l’exhaustivité. A chaque problématique, scoopitone met en place un team éditorial unique, ce qui ouvre un champ d’actions immense.

Donc, oui scoopitone est un peu agence éditoriale, un peu maison d’édition, un peu agence de presse, mais avant tout producteur de contenu et éditeur pour le compte d’autrui.

- Vous prévoyez un grand avenir aux Newsletters. Ne sont-elles pas au contraire trop nombreuse, entrainant un rejet des abonnés qui n’ont ni le temps ni (et c’est plus grave) l’envie de les lire ?

Marc-Philippe Dubreuil : Pensez-vous que la majorité des newsletters sont faites pour leurs lecteurs ? Moi non. Je les vois plus comme des leaflets ou des prospectus.

Concevons des newsletters comme de vrais e-magazines et vous verrez qu’elles trouveront leur audience et apporterons leur contribution à un chiffre d’affaires.

Les marques sont tout à fait légitimes à prendre la parole sur des centres d’intérêt, au même titre que les e-magazines, les blogs ou les sites spécialisés.

Chez scoopitone, nous avons développé un concept de newsletter qui amène progressivement le lecteur d’une information à forte valeur ajoutée (son centre d’intérêt) à une  présentation de produits puis un transfert vers une action de sa part. Audience, adhésion et achat sont au rendez-vous.

scoopitone

Marc-Philippe Dubreuil
+33 6 84 33 00 51
mpdubreuil@scoopitone.com

www.scoopitone.com





Donna Karen sur Twitter : un succès

10 12 2012

dk-logo

La  créatrice Donna Karen et son équipe chez Donna Karan International (groupe LVMH) ont été parmi les premiers dans l’univers du luxe à croire à Twitter.

La créatrice Donna Karen

La créatrice Donna Karen

Dès 2009. Et chose rare, le compte Twitter n’a pas été confié à un stagiaire. C’est Aliza Licht, Senior Vice President Communication de Donna
Karan International, qui l’anime entirèrement et qui tweet à longueur de journée.

Alisa Licht

Aliza Licht, Senior Vice President Communication, Donna
Karan International

Luxury Interactive, organisateur d’un congrès sur le Luxe, l’a interviewé récemment. Voici ce qu’il fallait retenir de ses propos.

L’interview, en anglais, est à lire intégralement ici.

Aujourd’hui, c’est un succès : plus de 420 000 followers.

Les raisons du succès :

1-   Une passion Twitter

Alisa Licht est une passionnée de Twitter. Elle « tweette comme elle respire », en quelque sorte…

Dans le cadre professionnel, Tweeter est la plateforme qui retient le plus son attention, car c’est la plus ‘personnelle’. Et donc la mieux adaptée à une marque de mode.

2-   La DKNY PR GIRL persona

Le compte Twitter de DKNY

Le compte Twitter de DKNY

Donna Karen International a choisi de créer un persona, la ‘fille des RP’, identifiable dans toutes ses prises de parole, et permettant de préserver un ton commun à tous les tweets. La ‘PR Girl’, c’est aussi bien souvent la personne dans l’entreprise qui est la mieux informée, la plus alerte, la plus gaie. C’ est elle qui est le trait d’union entre les médias et la marque. Le profil parfait pour prendre la plume et "tweeter" la Maison de luxe de l’intérieur.

3-   Un écosystème numérique

Le compte Twitter est une des plateformes digitales de la marque, qui compte aussi, autour du site web donakaren.com et dknyprgirl.com, un  compte Pinterest, des Pages Facebook (Donna Karan & DKNY pages), un blog sur Tumblr (Notes On A City & Donna’s Journal) et un compte Instagram (donnakarandkny).

Dessin sur le blog Tumblr DKNY

Dessin sur le blog Tumblr DKNY

4-   Une équipe de direction visionnaire, enthousiaste, non directive

Les dirigeants de Donna Karen savaient que le compte Twitter fonctionnerait à condition que le  ‘ton de la voix’ soit réel et libre. Et Alisa Licht, très imprégnée de par sa fonction par la culture ‘Donna Karen’ est idéalement placée pour rapporter l’intérieur de la maison, le ‘monde ’ de la créatrice Donna Karen.

5-   Combien de temps par jour Alisa Licht consacre à Twitter  ?

« Je Tweet tout en faisant mon  “vrai’’ job. Je suis sur Tweeter pratiquement toute la journée. Mais je ne programme jamais mes Tweets, donc il peut y avoir des périodes de silence à certains moments ».

6-   Comment arrive-t-elle à faire les deux à la fois, son ‘real job’ – un poste important de manager – et tweeter ?

«  Je crois que lorsque vous aimez faire quelque choses, vous vous débrouillez pour le faire. Les réseaux sociaux ne sont pas une obligation pour moi. C’est un privilège ».

7-   Et… comment mesure-t-elle le ROI de Twitter ?

Pour Alisa Licht, Twitter est un média ‘d’évangélisation de la marque.’  Attirer l’attention et susciter le bouche-à-oreille. C’est évidemment plus facile pour une marque comme DKNY, attractive pour un grand nombre de personnes qui parlent facilement des achats qu’elles viennent de faire, et ceci à longueur de journée.

Pour Alisa Licht “Des personnes peuvent n’avoir jamais acheté du DKNY, mais maintenant lisent ce qu’on en dit sur les réseaux sociaux et cela leur donne l’idée qu’ils peuvent eux aussi acheter dans cette marque. DKNY bénéficie de ces témoignages sans même les demander".

8-     Et si ce n’est pas measurable, n’y a-t-il pas néanmoins un argument fort à avancer,  face à une Direction encore réticente?

Pour Alisa Licht, Twitter n’est pas un canal direct (ou l’on achèterait d’un clic).

Mais une personne peut lire une recommandation Tweetée pour un vêtement DKNY et au final l’acheter dans un mois. L’achat ne se produit pas en temps réel, mais il se produit.

DKNY ne peut pas attribuer cette vente au canal Twitter, mais c’est bien grâce à cette conversation que l’achat s’est fait.

Et pour ce qui est de l’argument fort pour obtenir le OK de sa Direction, il faut bien être conscient que des conversations ont lieu tous les jours  autour de notre marque. Alors autant prendre nous aussi la parole, en tant que marque.

Téléchargez l’interview complet (en Anglais)





Laurence Hézard, DG GrDF : un naturel convainquant

6 12 2012
Laurence Hézard, Directeur Général  GdRF

Laurence Hézard, Directeur Général GrDF

Il faut relire à deux fois pour s’en laisser convaincre.

Dans une France des élites qui vénère les diplômes, une femme, Laurence Hézard, avec pour seul bagage une maîtrise de lettres classiques à la Sorbonne, est à la tête de GrDF,  une entreprise privée en charge d’un service public – la distribution de gaz naturel en France – et en même temps filiale de GDF Suez.

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Comment a-t-elle fait ?

Question banale de bloggeur, mais qui trouve facilement réponse lorsque l’on a l’opportunité de s’entretenir avec Laurence Hézard.

Malgré un agenda qu’on imagine chargé, elle nous reçoit un vendredi après-midi, sereine, dans son bureau Haussmannien au centre de Paris.

Laurence Hézard, qui a relaté son expérience dans un livre récent, L’énergie au cœur[i], est de ces personnes qui ont comme moteur leurs convictions – et la force de leurs convictions – mais n’imposent rien en bloc. Appliquée à l’entreprise, cette vision responsable et apaisée du management est rare. Et elle peut conduire à des réussites exemplaires. La preuve avec Laurence Hézard. Rencontre.

Laurence Hézard, Directeur Général  GdRF

Laurence Hézard, Directeur Général GdRF

  • Votre parcours impressionne. De formation littéraire, vous dirigez aujourd’hui l’entreprise GrDF, filiale de GDF Suez. L’étude des grands textes classiques mène-t-elle aussi à l’entreprise ?

Laurence Hézard : Je voulais travailler dans l’édition. C’est ce que j’ai fait, mais dans une entreprise, et sur des sujets très techniques ! Je suis entrée à EDF pour travailler sur une collection de brochures servant à expliquer le programme nucléaire. J’étais entourée d’ingénieurs, des personnes qui savent prendre le temps de vous expliquer. Cette osmose entre approche littéraire et science s’est faite naturellement.

Puis j’ai évolué au sein d’EDF, une entreprise qui offre des chances d’ascension pour peu que vous soyez mobile dans votre tête et physiquement.

J’ai occupé différents postes dans la communication et les relations publiques et parlementaires, à une époque de transformation profonde d’EDF. Nous devions créer un climat de confiance et de transparence entre le monde des centrales nucléaires et le monde extérieur.

Puis en 2000, alors que j’étais Directeur de Cabinet du Directeur du nucléaire, changement complet : je suis nommée Directrice de la Région Est au sein d’EDF GDF Services. Nouveau métier, nouveau secteur, et mon premier vrai poste de management, avec 11 directeurs et 7 000 salariés sous ma responsabilité. Bien-sûr, j’ai essuyé au départ quelques remarques sur mon inexpérience terrain, mais j’ai vite appris. J’avais un rôle d’assemblier : mettre en avant les différentes compétences, donner la direction, et prendre la décision.

Et en janvier 2008, alors que Gaz réseau Distribution France devient une société anonyme, filiale à 100% de Gaz de France, le conseil d’administration me nomme au poste de Directeur Général.

  • Tout de même ! Une femme, de surcroît non ingénieur et non issue des « grandes écoles ». Comment expliquez-vous votre ascension hors norme ?

Laurence Hézard : J’ai une carrière atypique en effet. Elle s’est construite grâce aux rencontres avec des personnes qui m’ont fait confiance et ont trouvé dans ma « différence » un levier pour faire bouger la culture interne. C’est une histoire de confiance et de transformation.

Texte 1 GrDF

J’ai longtemps été la seule femme dans les équipes de direction et j’ai appris à pratiquer ce que je nomme « l’impertinence gentille ». Répondre gentiment, avec humour, lorsqu’en réunion, on me chargeait du café… Il ne faut pas laisser passer ce genre de choses.

Aujourd’hui je suis à mon tour très attachée à constituer autour de moi des équipes multiculturelles, pour que cette ouverture nous permette de nous transformer plus vite. Pour que nous soyons tous ensemble plus curieux, sur tous les aspects de notre métier.

J’ai dans mon équipe rapprochée aussi bien des polytechniciens que des juristes, des anciens élèves d’écoles de commerce… Nous sommes complémentaires. Le microcosme parisien est extrêmement sensible au prestige des grandes écoles. Pour ma part je privilégie davantage l’expérience, et une certaine façon d’être.

  • Les enquêtes d’opinion le montrent : il émane des 12 000 femmes et hommes salariés de GrDF un véritable état d’esprit « service ». Comment l’expliquez-vous ?

Laurence Hézard : De fait de son activité, et malgré sa taille importante, GrDF a une culture proche de l’artisanat. Nous sommes par nature reliés au monde extérieur. Le gazier est une personne qui a dans ses gènes cette relation de proximité : il doit expliquer, rassurer et créer les meilleures conditions de sécurité.

Techniciens d’intervention d’urgence gaz, cartographes, chefs d’exploitations, conseillers de clientèle…   12 000 personnes travaillent chez GrDF.

Ce souci permanent de la sécurité nous amène à être très réactif et à rester dans le concret. Lorsqu’un incident nous est signalé, l’intervention sécurité gaz doit être sur-place en moins d’une heure. Cette « exigence terrain » engendre un véritable esprit d’équipe, une mobilisation.

Collaborateurs de GrDF en mission

Collaborateurs de GrDF en mission

Ces dernières années, la dimension “artisanale” du métier s’est enrichie de l’apport de la technologie, avec notamment la géolocalisation et le smartphone. Tous nos techniciens en sont équipés, nous sommes au début d’une évolution profonde avec l’intégration de toutes ces technologies.

Enfin, la prévention du risque est une demande évidente des collectivités locales – nous sommes présents dans 9 340 communes – et elle nous implique tous. Nous portons tous ensemble cet objectif de prévention et toutes les décisions que nous prenons concourent à l’améliorer.

Tout ceci fait que dans les enquêtes d’opinion, GrDF ressort comme une entreprise professionnelle et transparente. Et cette réputation, nous entendons la maintenir : lorsque quelque chose survient, nous ne masquons pas les choses, nous en parlons et nous trouvons une solution.

  • Cyclotourisme, jardins maraîchers, chirurgie cardiaque, banque alimentaire… on n’attend pas forcément GrDF sur ce type de partenariats solidaires, dans un secteur industriel considéré comme conservateur. Comment se font vos choix  ?

Laurence Hézard : Lorsqu’en 2008 nous avons réfléchi aux partenaires que nous aimerions soutenir, ce thème du lien qui nous relie les uns les autres, et avec le monde extérieur, s’est imposé comme une évidence. Nous souhaitions des partenaires qui fassent sens avec cette idée de proximité. Nous aurions pu choisir des partenariats plus visibles, plus brillants, mais nous voulions investir notre argent dans des projets utiles.

Le Réseau Cocagne, par exemple, est une association qui remet au goût du jour les jardins maraîchers biologiques, tout en permettant à des adultes en difficulté de retrouver un emploi.

Nous cherchons aussi des actions qui concernent directement les salariés. Nous sommes aux côtés de la Fédération française de cyclotourisme (FFCT), qui comme nous fait de la sécurité une priorité. Il y a quelque temps, vous auriez pu voir ici, dans la cour de notre siège social, une centaine d’enfants de 8 à 13 ans invités à passer leur Brevet de Sécurité Routière. La sécurité des enfants nous concerne tous.

Dans le domaine de la santé, nous soutenons Mécénat Chirurgie Cardiaque Enfants du Monde. Toujours ce lien…

 

Conseil économique, social et environnemental (CESE)

Conseil économique, social et environnemental (CESE)

  • Vous trouvez aussi le temps de siéger, depuis 2010 et sur proposition du Premier Ministre, au Conseil économique, social et environnemental. Quel y est votre rôle ?

Laurence Hézard : Je siège dans la section des activités économiques, qui compte 40 membres issus de métiers et catégories socio professionnelles très différents, aux sensibilités diverses. C’est un des rares lieux, par exemple, où tous les syndicats sont représentés. Cette pluralité de personnes est très riche.

Notre rôle est de participer à la définition et à l’évaluation des politiques publiques. Actuellement, nous travaillons sur les questions énergétiques.

C’est un travail très intéressant pour moi car il me permet de prendre conscience des différentes opinions représentatives de la société française, et de l’importance de la pédagogie. Chacun doit comprendre les aboutissants pour se faire son idée.

La charge de travail est lourde, l’engagement long – 5 ans – mais le bilan personnel est largement positif car je rencontre des personnes que je n’aurai pas eu l’occasion de côtoyer autrement, et j’apprends des autres membres, comme eux apprennent de moi.

Nous avons tous des personnalités fortes, nous nous exprimons avec enthousiasme,  .Mais cela se fait dans un respect mutuel et une grande écoute de l’autre.

 

  • GrDF compte plus de 11 millions de clients en France. Constatez-vous de nouvelles attentes de la part de ce consommateur toujours plus connecté, exigeant, changeant ?

Laurence Hézard : Les clients ont changé. Par le passé lorsqu’un client avait un problème, il se rendait chez son installateur. Ce n’est plus le cas maintenant. Il va commencer par visiter des sites spécialisés sur Internet, puis il va se renseigner auprès de son voisin, de ses amis. Du coup les clients posent des questions beaucoup plus précises qu’avant, ce qui nous amène à relever le niveau des informations à mettre à leur disposition et à changer nos formations internes.

Nous allons faire évoluer notre site, pour qu’il accompagne davantage lesclients dans leurs décisions. Par exemple : leur proposer de comparer, à logement équivalent, les différentes énergies possibles.

Le deuxième changement est une prise de conscience de tous que l’énergie est chère et rare et qu’elle le restera pour longtemps. C’est pourquoi nous travaillons au quotidien avec les collectivités locales qui partagent avec nous un intérêt fort pour réfléchir aux différentes solutions qui existent en matière de choix énergétiques.

Nous avons aussi une responsabilité individuelle à travailler au quotidien avec les installateurs, aménageurs, promoteurs, bailleurs… qui ont aujourd’hui de fortes attentes en matière énergétique et environnementale.

 

  • Votre fonction vous amène à être sous le quadruple regard des syndicats, des fournisseurs, du régulateur et des autorités européennes. Sans oublier les clients…  Comment concilier ces intérêts parfois divergents?

Laurence Hézard : Nous avons des comptes à rendre à beaucoup d’interlocuteurs et effectivement, ils ont des intérêts parfois contradictoires. Notre guide est notre modèle économique, nos valeurs et une culture de « transparence ». Nous prenons aussi le temps de l’écoute, pour prendre en compte les centres d’intérêts de chacun. Une association de consommateurs posera des questions différentes de celles d’un élu. J’essaye d’être simple et claire dans mes explications et d’être attentive à l’autre. C’est peut-être une conséquence de mon passé de communicante ! Je crois aussi que les preuves concrètes valent mieux que les discours.

 

  • A la tête d’un groupe énergétique, par nature sur la brèche 24/7, membre du Conseil économique et social, souvent en déplacements, comment gérez-vous votre temps ?

Laurence Hézard : J’ai appris à le gérer et à m’en faire un allié.

En premier lieu, j’essaye de conserver du temps pour moi et pour mon équipe. C’est important, car j’aime réfléchir et j’ai besoin de temps disponible pour cela. Si je n’ai pas de déjeuner, par exemple, je vais aller marcher dans le quartier, entrer dans une librairie, m’échapper quelques instants…

Et puis j’essaye de me tenir aux règles que je me suis fixée:

  • Pas de travail le week-end, sauf éventuellement un moment le dimanche soir pour préparer ma semaine. Ce qui veut dire aussi ne pas être génératrice de mails pour mes équipes…
  • Pas de réunion en semaine après 19h.

 Texte 3 GrDF

J’ai appris à séparer vie personnelle et vie professionnelle. Cela prend un peu de temps, et en périodes de charges de travail intenses, il me faut être vigilante. Mais j’essaye de me fixer ces points de repère et de toujours me préserver des temps de réflexion. Quoi qu’il arrive.

Texte 2 GrDF

A un jeune homme que je recevais récemment, et qui m’énonçait son nombre d’amis et de « followers » sur Facebook et Twitter, j’ai demandé : «  Et la vraie vie ? ».

Moi aussi au début, j’ai été complètement prise par ces outils. Mais il ne faut pas se tromper. Ce sont des outils facilitateurs, utiles pour s’informer et qui créent du lien au niveau professionnel et même amical. Mais ce ne sont pas eux qui nous lient aux personnes qui sont vraiment importantes pour nous.

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- ITINERAIRE - 

Laurence Hézard, Directeur Général  GdRF

 Laurence Hézard, DG GrDF

1954

Naissance

1976

Maîtrise de lettres classiques à la Sorbonne

1978

Diplôme de l’Institut National des Techniques de la Documentation,

1980 

Direction de l’Équipement d’EDF

1985

Responsable des relations politiques et parlementaires à la Direction de la Communication d’EDF

1989

Responsable Communication du Parc nuclaire d’EDF

1995 

Directeur Cabinet Communication d’EDF Production Transport puis du Pôle Industrie d’EDF

1999

Directrice Groupement de centres Est au sein d’EDF GDF Services.

 

2008

Directeur Général de Gaz réseau Distribution France.


[i] L’énergie au coeur : entretien avec Vianney Aubert de Laurence Hezard et Vianney Aubert (novembre 2011, Choiseul Editeur)





Pierre Jacobs : une météorite dans la planète télécom

13 11 2012

Pierre Jacobs, Directeur Général de la Générale de Téléphone

« La Générale de Téléphone ». Un nom peu glamour à première vue… Et pourtant !

Le siège administratif, tout en lumière et transparence, a appartenu jadis au groupe de production Endemol.

L’accueil y est chaleureux, l’atmosphère concentrée.

Et lorsque son très jeune directeur général, Pierre Jacobs, enthousiaste et volubile, vous entretient deux heures durant de l’histoire « extraordinaire » de cette société et de ses collaborateurs – ses années phares, par où elle est passée, sa réussite actuelle – on en sort optimiste en se disant que l’inéluctable n’est jamais certain, même pour une entreprise issue d’un secteur promis à la disparition.

 

Rencontre avec Pierre Jacobs, Directeur Général de la Générale de Téléphone

 

Pierre Jacobs, Directeur Général de la Générale de Téléphone

  • Racontez-nous l’histoire de la « Générale de Téléphone » 

 

Pierre Jacobs : Si la Générale de téléphone est née en 2005, elle est en réalité le fruit de deux créateurs, Michaël Likierman et Daniel Abittan, qui ont fondé en 1981 la chaîne de développement photographique PhotoService – devenu le numéro 1 européen de la photo en 1 heure -  puis repris PhotoStation en 1996.

En 2001, les deux fondateurs cèdent PhotoStation et PhotoService à un fond d’investissement. Le  marché de la photo souffre alors du boom du numérique, et la société accuse ses premières pertes.

En 2005, Daniel Abittan – que l’on surnomme « le pape de la distribution » – revient à la tête de la société et en devient actionnaire. Il change son business model, fait passer l’entreprise du marché de la photo à celui de la téléphonie mobile, et surtout il a l’idée géniale de s’adosser à un grand opérateur de la téléphonie, Orange, afin de vendre ses forfaits dans les boutiques PhotoStation et PhotoService.

  • Il s’agit d’un tournant radical…

La dégradation du chiffre avait mis très à mal la société qui s’est retrouvée en plan de sauvegarde. Cette situation a émaillé six ans de la vie de ses salariés et les clients de PhotoStation et PhotoService se sont sentis déboussolés.

Daniel Abittan a eu une volonté et une vision : sauvegarder absolument un réseau de distribution bâti patiemment durant 25 ans.

Avec ses équipes, il a réussi ce rapprochement.

En 2008, l’opérateur téléphonique prend 35 % de la maison mère de PhotoStation et PhotoService et le 29 juillet 2011, la Générale de Téléphone devient filiale de distribution à 100 % d’Orange. Daniel Abittan sort alors du capital de la société.

 

  • C’est là que vous entrez en scène

Orange me nomme Directeur Général. La Générale devient alors la jeune filiale d’un grand groupe, Orange, mais ses salariés ont une longue histoire, et ils ont tous au moins un point commun : celui d’avoir connu une transformation très profonde de leur métier. D’un produit relativement stable, la photographie, ils sont passés à un domaine plus complexe, la téléphonie, qui fait évoluer ses offres au moins 6 fois par an. Et fait rarissime dans le cadre d’un changement de métier : ils avaient la particularité d’être tous au même pied d’égalité, quel que soit leur niveau hiérarchique. Ils ont appris tous ensemble un nouveau métier.

  • Quel est le nombre de salariés aujourd’hui ?

Nous sommes 1 700 collaborateurs, avec une ancienneté élevée : 16 ans en moyenne – et 12 ans pour nos vendeurs. 85 % de nos collaborateurs ont connu la période de transformation. Il y a aujourd’hui une fierté légitime du personnel à avoir changé de métier et être devenu un réseau important pour une marque puissante comme Orange. Il s’en dégage une culture d’entreprise très forte qui relie ceux qui ont vécu cela.

  • Comment est structuré le réseau de distribution Orange ?

Orange est constitué d’un réseau de distribution d’environ 1150 boutiques : 570 boutiques en propre et 580 points de vente partenaires, dont 280 appartiennent au réseau Générale de Téléphone.

La Générale de Téléphone est ainsi le « 4ème » réseau de distribution de produits de téléphonie en France, une force importante, avec une présence aussi bien en ville qu’en centre commercial. Nos vendeurs sont polyvalents, ils peuvent aussi bien vendre un téléphone mobile qu’une ligne internet, des contenus, ou un casque audio.

‘’Nous sommes un bras armé de l’opérateur, avec le sens du commerce’’

  • Comment se hisse-t-on au 4ème rang en un temps si court ? 

Notre atout est la relation clients et le sens du service. Nous sommes des commerçants nés. Nous sommes un bras armé de l’opérateur, avec le sens du commerce. Nos collaborateurs ont souhaité faire un métier, vendeur, et ils continuent à faire le métier qu’ils ont choisi. Dans les sondages sur la qualité de la Relation Clients, nous avons l’ambition de se classer N°1. Cette place, que nous voulons conserver, est importante et elle est transcendante à toute la société.

.

  • Comment s’est passée l’intégration au sein d’Orange, un groupe, rappelons-le, de 100 000 salariés en France ?

Lorsque nous avons été rachetés par Orange, la difficulté a été de garder notre culture propre tout en prenant le meilleur d’Orange. Les salariés ressentaient une fierté à travailler pour Orange et en même temps, une crainte de se fondre dans le groupe. Car ils voulaient conserver cette culture de leader.

De son coté, Orange était confronté à la problématique de faire vivre un réseau au management un peu différent – qui avait sa propre vie -  à côté de ses autres réseaux de distribution. Mais Orange pouvait compter sur une vraie filiale de commerçants.

 

  • Les américains parlent de ‘FIO jobs’ : des emplois « Figure it out », qu’il faut définir soi-même au fil de l’eau, dans cette économie fluctuante[1].  Vos équipes se trouvaient dans une situation comparable. De quel accompagnement ont-elles bénéficié ?

Nous avons choisi une logique apprenante, certes complexe et originale, mais au final fructueuse. Nous aurions pu faire appel à des professionnels de la transition, qui seraient intervenus, métier par métier, en respectant les niveaux hiérarchiques. Or la difficulté dans le cas présent provenait du fait que 100 % des collaborateurs changeaient de métier au même moment. Nous avons donc choisi de nous former tous ensemble, quel que soit le niveau hiérarchique et le métier d’origine. Et ce « tous ensemble en même temps »  a été notre force. En parallèle, il y a eu un accompagnement fort de l’opérateur pour nous aider à vendre ces nouveaux produits et services.

 

  • Combien de temps a duré cette transition ?

Le réseau a mis 5 ans à se transformer…et ce n’est jamais totalement terminé ! Cela a pris du temps, car il s’agissait de remettre à plat tous les process : le Système d’Information, et la vente, soumise à des procédures longues et multiples dans le cas de forfaits téléphoniques. Pour la première fois, les vendeurs n’avaient plus une marge de manœuvre à 100 %. Ils  devaient faire appel aux services support d’Orange : le Service Technique, le Service Relations Clients, etc. Il s’agit d’une transition difficile à vivre pour un vendeur habitué à avoir une complète autonomie. Face à un client mécontent, il doit compter sur une autre personne que lui-même pour apporter une solution satisfaisante.

  • On imagine que cette transformation ne s’est pas faite sans départs   

Il a fallu rationaliser le réseau de magasins, pour tenir compte des risques de cannibalisation avec les  autres réseaux Orange et améliorer la rentabilité de la société donc certains collaborateurs ont effectivement suivi un autre chemin professionnel. Mais nous n’avons pas procédé à des recrutements de profils externes qui auraient pu sembler mieux adaptés. Nous avons dit à nos salariés « on va réussir avec vous tous » car nous savions que nous pouvions nous appuyer sur la Relation Clients, notre point distinctif. De fait, nous avons réussi la plupart des chantiers engagés.

  • Qu’est ce qui rend votre Relation Clients si spécifique ?

Je peux vous dire que nous avons un sens éthique très fort : les tarifs que nous appliquons sont ceux d’Orange, mais aucun collaborateur n’ira proposer un produit ou un service à un client si celui-ci n’en a pas besoin. Nous voulons que le client soit satisfait, seule condition pour qu’il revienne. C’est ainsi que l’on assure le chiffre d’affaires de demain. La relation est notre valeur N°1 et cela fait la différence de notre réseau.

  • Avec le recul, de quoi êtes-vous le plus fier ?

Très peu de réseaux se sont transformés ainsi, et aussi rapidement. Il y a en France moins de 5  % des sociétés qui se sortent d’un plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire, et nous l’avons fait en sauvant 1 700 emplois. Cela fait partie de notre ADN, se battre pour la survie de son  emploi.

 


Le calendrier photo
Le calendrier photo : un calendrier "mural" ou "de bureau" avec les propres photos du client durant toute une année.

  • Proposez-vous toujours des services liés à la photo ?

Le métier de la photo représente moins de 20 % de notre chiffre d’affaires aujourd’hui et il est présent dans 100 % de nos boutiques. Nous sommes en mesure de proposer le développement photo sur tout le réseau, au moyen de bornes dans nos magasins, et nous avons une centaine de laboratoires photo proposant le développement en une heure. Nous avons aussi un studio d’identité dans l’ensemble de nos magasins. Nous avons par ailleurs récupéré depuis janvier le marché de la photo d’identité (passeports,cartes d’identité, etc…) abandonné par les administrations qui est dans notre ADN.

 

  • Comment voyez-vous évoluer ce marché de la photographie ?

Le marché du développement photo est en chute et notre activité de labo photo est amenée à disparaitre, dans une perspective à 5 ans. Mais le métier de l’image survit et il y a un vrai lien entre le numérique et la photo. Désormais les parents sont sur les réseaux sociaux ! Et on n’a jamais autant échangé de photos numériques. Les constructeurs sont aussi plus nombreux à intégrer dans leurs appareils photo la technologie Wi-Fi pour partager instantanément les photos sur Facebook, Twitter par e-mail, sur son PC, son smartphone, sa tablette…

  • A quoi ressemblera la Générale de téléphone dans 3 ans ?

Nous voulons être en permanence dans « l’innovation commerciale » et parfaire note modèle de service. Les clients ont une appétence aux nouveaux services. Il y a 10 ans, l’enjeu était la miniaturisation des appareils, en donnant à la data un rôle complémentaire. Aujourd’hui, on s’aperçoit que la data devient prépondérante.

Que nous dit le client ? « Je veux être connecté partout, quand je veux ». Et « le moins cher possible » car Internet a donné l’illusion d’être gratuit. Or rien n’est jamais gratuit.

La mobilité a tout bouleversé. Il y a une explosion de la consommation de flux. Qui de Google, Facebook, YouTube,… captera le plus sur la chaine de valeurs ? En tant qu’opérateur, nous avons  une pression très forte.

Tout l’enjeu pour la Générale de téléphone a été de créer autant de valeur que celle détruite sur le marché de la photo. Aujourd’hui nous arrivons sur un monde des télécoms sous forte pression concurrentielle.  Mais n’oublions pas que le smartphone représente à peine la moitié du parc des téléphones mobiles. Il y a encore une marge de progression. L’enjeu se trouve aussi sur les contenus : la vidéo, les jeux, la musique avec Deezer, la télévision avec Orange. Notre enjeu, notre fierté, c’est de vendre des téléphones et des services que tous les Français veulent acquérir.

  • Le secteur des télécoms en France est déstabilisé. Comment y arriver ?

Notre développement passe par l’innovation et le recrutement de nouveaux clients. Notre stratégie est bien identifiée :

-         La reprise et le renouvellement du mobile. Par ce biais, nous redonnons du pouvoir d’achat au client et répondons à un enjeu environnemental. Savez-vous que nous reprenons 1 mobile sur 7 ? De fait, le marché des mobiles d’occasion devrait connaître un boom.

-         La vente de mobiles d’occasion, avec l’ouverture à Paris Bonne Nouvelle fin novembre d’un magasin « 100 % Mobile ». Les smartphones sont de plus en plus haut de gamme donc chers et avec l’envol du marché des forfaits Sim Only, des offres sans engagement comme Sosh, le client va devoir s’équiper. Nous commercialisons des mobiles en très bon état, avec 30 à 40 % de réduction sur le prix neuf. Nous nous sommes lancés il y a quelques mois car nous croyons à ce marché, décuplé avec l’arrivée de la 4 G. Nous sommes les seuls à tester ces magasins d’occasion mobile.

-         Une gamme complète d’accessoires innovants, « Les indispensables », qui surfe sur l’effet mode, comme les gros casques audio. Nous pensons que les accessoires sont un élément important de la relation client. Nous sommes fiers d’avoir aujourd’hui la gamme la plus pointue et d’être le 1er réseau « d’indispensables ».

-         Une offre de financement de mobiles avec FranFinance. Il y a une appétence des clients pour changer de mobile et le prix ne doit pas être un frein.

-         Une gamme d’assurances à notre nom performante, puisque sur un parc de 200 000 clients assurés, nous n’enregistrons qu’une petite centaine de réclamations par an, un chiffre très faible.

  • Quelles relations entretenez-vous avec les constructeurs ?

Nous nous associons beaucoup aux constructeurs. Nous démarrons par exemple en novembre un partenariat avec Samsung : dans une boutique pilote rue des Archives, nous créons un corner spécifique Samsung qui cohabitera avec les produits des autres constructeurs. Par cette initiative, nous voulons créer un laboratoire test.

  • La marque « Générale de téléphone » est encore mal connue du grand public. Est-ce un handicap ?

C’est notre prochain axe de travail. La Générale de téléphone est une marque « corporate » avec une caractéristique forte : l’identité propre à nos collaborateurs, qui ont vécu Photo Service et Photo Station. Cette ADN de départ, nous voulons la préserver à tout prix.

‘Nous souhaitons attirer les profils correspondants à nos valeurs :

éthique, bon sens et implication’.

  • Est-ce réalisable dans un contexte hautement concurrentiel ?

La marque « La Générale de Téléphone » est le continuateur. Même si les marques PhotoService et PhotoStation disparaissent un jour, la Générale de Téléphone servira de pont. Nous avons une ADN propre, qui doit se prolonger avec la Générale de Téléphone. En externe, cet ADN doit se traduire dans notre politique de recrutement. Cette année, environ 200 collaborateurs (en CDI ou CDD) viennent nous rejoindre. Nous devons nous rendre plus visible afin d’optimiser notre politique de recrutement et attirer les profils correspondants à nos valeurs : éthique, bon sens et implication.

‘Notre grande force est d’être un réseau de proximité’.

  • Quel est selon vous l’avenir des magasins physiques ?

Les modes d’achat se transforment. Prenez l’exemple des « drives », qui sont un succès mais qui réduisent la fréquentation des magasins ; où la baisse d’activité que l’on constate dans les Services Clients par téléphone.

Je pense que les boutiques ont toujours de l’avenir, mais la multicanalité fait elle aussi sens. Nous allons devoir faire progresser la promesse magasin, en proposant des services que le client ne peut pas obtenir, assis dans son canapé. Notre rôle en magasin est de proposer des services nouveaux et exclusifs, le lancement en avant- première de nouveaux mobiles, etc…

En parallèle, nous devons accepter la transformation apportée par la multicanalité. Nous observons par exemple que certains clients ne veulent pas acheter immédiatement dans la boutique. Ils iront comparer les prix sur Internet, s’informer, quitte à revenir quelques jours plus tard pour acheter en boutique.  Notre grande force est d’être un réseau de proximité.

 

  • Quelle place occupent les réseaux sociaux dans cette configuration ?

Je ne pense pas – et je ne veux pas ! – qu’ils occupent toute la place. C’est tout le paradoxe :   les réseaux sociaux sont une porte ouverte sur le monde entier. Nous pouvons découvrir un produit du Chili, accéder à une information d’une bibliothèque du Minnesota. Mais qui nous permet de nous retrouver entre voisins ? Nous aurons tous à un certain moment un lien particulier avec les commerçants de notre quartier, à condition qu’ils nous délivrent un service supplémentaire.

  • 36 ans, vous dirigez une entreprise de 1 700 salariés. Quel a été votre parcours ?

Lorrain, je suis diplômé de sciences politiques, de l’École Nationale Supérieure des Télécommunications, et d’un mastère de management des entreprises de réseau. Etudiant, j’avais une aspiration : faire le métier que je voulais et m’enrichir l’esprit ! Sciences Po me destinait plutôt à un poste de management dans le secteur public. C’est à la faveur d’un mémoire sur les télécommunications – un marché en pleine libéralisation à l’époque – que j’ai découvert un domaine qui m’intéressait, et une entreprise en pleine mutation, France Télécom. Devenue société anonyme en 1997, cette ancienne administration devait réussir le pari de la transformation en s’appuyant sur ses équipes, des fonctionnaires amenés à travailler dans un environnement concurrentiel. A l’époque, il y avait 40 opérateurs nouveaux en France !

  • Et vous n’avez plus quitté France Télécom…

J’ai eu la chance d’exercer plusieurs métiers différents au sein de France Télécom : Directeur des Ventes, Directeur Opérationnel en région, puis j’ai mis sur les fonts baptismaux la nouvelle Direction de la Relation Clients Grand Public. Je me suis vue ensuite confier ce poste de Directeur Général de filiale, dans une jeune entreprise de 30 ans d’histoire. Je suis très reconnaissant aux personnes qui  m’ont permis d’avoir plusieurs vies professionnelles au sein de France Télécom.

  • Comment voyez-vous votre ‘job’  aujourd’hui ?

Etre au service d’un leader, Orange, tout en ayant une vision de que l’on veut être. Cette vision, je l’ai toujours eu. Mon expérience – avoir vécu la mutation de France Télécom puis celle de la Générale de Téléphone – me donne une vision assez différente, avec le respect de ce que les équipes ont accompli : le sauvetage de leur entreprise par la performance. Je fais souvent le parallèle avec les arts plastiques, une de mes passions, qui nourrissent le regard, permettent de voir le monde différent.

  • Quel type de manager êtes-vous ?

Je me suis rendu compte qu’un collaborateur heureux est la condition nécessaire pour qu’il rende heureux un client. Mon prédécesseur avait ce même souci, celui d’un collaborateur qui soit heureux. On doit soutenir et reconnaître ses collaborateurs. Tous mes managers ont obligation de prendre en compte « tout ce qu’on ne voit pas et ce que l’on n’entend pas forcément ». On doit repérer ce qui, dans un premier temps, n’est pas visible et n’est pas audible. C’est ce que j’attends de moi-même et de mes managers. C’est ce qui fait de nous des managers et ce n’est pas acquis. On ne doit jamais se dire, à postériori : « Je n’avais pas l’esprit à cela » ou « Pourquoi n’ai-je pas vu cela ? ». On doit s’efforcer de toujours garder le lien, ne jamais remettre à plus tard une réunion, aussi courte soit-elle, pour mettre à plat un sujet, débloquer une situation. C’est une exigence : protéger ces rendez-vous directs avec ses collaborateurs directs.

  • Même à l’ère du tout-connecté ?

C’est encore un paradoxe des Réseaux Sociaux : le rapport direct est très important. Sur les réseaux sociaux, on peut avoir 10 000 amis en quelques mois, mais cela peut être illusoire. Nous avons augmenté en volume les liens, le flux est immense, mais il est important de prendre conscience que nous pouvons avoir un autre mode de communication. Quand on a une certaine maturité, on ne doit pas considérer que de s’appeler au téléphone est « ringard » …

- ITINERAIRE -

 Pierre Jacobs

1976

Naissance à Briey en Lorraine

2000 – 2003

Directeur des ventes, France Télécom

2001-2003

Maître de conférence en économie à Sciences Po Paris

2003 – 2004

Contrôleur de gestion, France Télecom

2004-2006

Directeur du contrôle de gestion

2006-2011

Directeur Opérationnel Nord de France, Orange

2011

Directeur en charge de la création de la  nouvelle Direction de la Relation Client Grand Public, Orange

Depuis août 2011

Directeur Général

Générale de Téléphone (filiale du Groupe Orange)

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DROITS ET DEVOIRS DU COLLABORATEUR

Dans une économie chaotique, il n’existe pas un modèle unique de réussite. Responsabiliser, favoriser l’initiative, accepter la critique constructive, sont des valeurs caractéristiques des managers nouvelle génération.

Etabli avec et pour ses collaborateurs, la Générale de téléphone affiche la liste des 10 devoirs – et des 10 droits – des collaborateurs. Un état d’esprit qui lui permet d’agir comme une startup, sous la bannière d’un grand groupe.

  • Les 10 devoirs de nos collaborateurs

Le devoir de tout mettre en œuvre pour satisfaire chaque client
Le devoir de contribuer à la performance de son équipe
Le devoir de parrainer et de former
Le devoir d’informer
Le devoir d’être un exemple
Le devoir d’être honnête et loyal
Le devoir de respecter ses engagements et ceux de l’entreprise
Le devoir de répondre de son action
Le devoir d’avoir des idées
Le devoir de s’améliorer sans cesse et de se remettre en cause

  • Les 10 droits de nos collaborateurs

Le droit de tout mettre en œuvre pour satisfaire chaque client
Le droit à l’initiative et à l’essai
Le droit à la critique constructive
Le droit à l’erreur
Le droit de comprendre
Le droit de se former
Le droit à l’information et à la clarté
Le droit d’être reconnu selon son mérite
Le droit de grandir avec l’entreprise et à son rythme
Le droit à l’entraide


[1] Fast Company, Novembre 2012 : The Flux Leader





INTERVIEW : Didier Farge au congrès de la DMA (Las Vegas)

25 10 2012

Didier Farge avec Linda Wooley, CEO de la Direct Marketing Association (DMA)

Comme chaque année à pareille époque, Didier Farge, Président de Conexance et Président du SNCD (Syndicat National de la Communication Directe) s’est rendu au Congrès de la Direct Marketing Association (DMA).

Au milieu des américains en goguette arpentant des hectares de salles de machines à sous, huit mille congressistes sont venus à Las Vegas traiter de cette trilogie dont la DMA avait fait sa thématique 2012 : Big Data. Engagement Client. Marketing Mesurable.

Didier, dont la société vient d’acquérir la solution américaine 1by1 représentée aux Etats Unis, est un fin connaisseur, et maintenant praticien, du marketing américain, avec cette distance suffisante pour reconnaître ce qui est adaptable aux marchés européens.

Nous avons voulu connaître son appréciation de cette DMA 2012.

INTERVIEW REALISEE A LAS VEGAS

1/ Si vous deviez retenir 3 tendances de cette DMA 2012, quelles seraient-elles ?
  • « L’espèce qui survit n’est pas la plus forte, ni la plus intelligente ; c’est celle qui s’adapte le mieux au changement » nous a rappelé Darwin, par la voix d’un des keynotes speaker de ce bon cru de la DMA.
  • Et Linda Wooley, nouvelle CEO de la Direct Marketing Association (DMA), a d’emblée donné le ton :

« Si les marketeurs peuvent changer le monde, ils doivent s’adapter en permanence et intégrer l’ensemble des  canaux de mobilité inscrits dans le parcours client, dans ce qu’on appelle maintenant le ‘’Data driven Marketing’’».

  • Plus que jamais les "Data"  guident  le marketing.

Le « big data » n’est plus un concept mais une réalité qui crée de nouveaux modèles. Le challenge devient aujourd’hui l’accès et la structuration de ces données. La convergence est la grande tendance, car ce n’est plus une vision mais une réalité drivée par la connexion permanente de tous,  du matin au soir, reliés à nos smartphones.

  • La mobilisation pour la défense des métiers est un fait majeur.

Il y a nécessité à se mobiliser et à travailler de manière responsable pour mettre en évidence les dangers d’une législation qui tend à faire disparaître nos métiers, à force de vouloir protéger le consommateur. Donc je dirai qu’il n’y a pas eu, lors de cette DMA, une grande tendance particulière qui se détache. Juste des avancées sur des sujets capitaux, dont le plus central est naturellement la recherche de l’intégration des medias sociaux dans le parcours client.

2/ Quels ont été vos ‘ahahhhh’ moments ? (une conférence marquante, une personne rencontrée ou un produit/service particulièrement innovants ?)
  • La conférence de Phil Mui   qui met, pour la première fois et de manière concrète, le digital dans le Marketing direct. De la convergence concrète! Signe des temps, ce transfuge de Google a rejoint Axciom comme Chief Product officer.  Il nous dit également que les transactions et les données socio-démographiques vont se compléter… des préférences des clients  c’est le signe des temps, et du temps ou le consommateur a pris le pouvoir!
  • La visite que l’équipe d’Ubifrance nous avait concocté chez Zappos. Cela « décoiffe » de voir des bureaux ouverts, décorés Halloween, l’ambiance fun et le mot : «  service wouaoh » intégré dans les valeurs d’une entreprise qui ne se prend pas au sérieux. A méditer chez nous.
  • Entendre un Keynote speaker parler dans la même séance de datamining et redire les bienfaits du test et de l’analyse RFM.
  • Le « I want » de Facebook collections, et le « targeting » de Facebook Targeting. C’est un pas de plus vers l’intégration des marques dans le plus grand réseau, qui revendique 1 milliard de membres.
  •  La DMA militante et l’engagement des professionnels américains pour protéger leurs métiers malmenés par la FTC : "  I commit to advance and protect datadriven marketing with DMA". Cela  nous interroge sur notre aptitude à nous mobiliser en France et en Europe.
  •  Le géomarketing à l’intérieur et à l’extérieur du magasin. A quand un Square en France?
  • Le papier et le catalogue  peu présents mais dont  l’usage nouveau présage d’après certains conférenciers une croissance pour 2013
  • L’intégration de données comportementales transactionnelles dans le ciblage on line proposé par plusieurs acteurs , une approche responsable par catégorie de produits proposée par certains professionnels.
3/ De retour à Lille, quels conseils allez-vous donner à vos clients ?

Chez Conexance, nous allons proposer à nos clients :

a)      de mettre en place une stratégie de marketing direct automatisée : aux USA le trigger marketing n’est plus une innovation mais un marché.

b)      d’optimiser la mobilité + géo-localisation + préférences clients.

c)      d’intégrer la variable sociale dans la prédiction comportementale

d)      de faire connaitre le ciblage comportemental on et off line que nous proposons avec notre partenaire américain.

e)      de poursuivre notre innovation en BDD mutualisées . la recette gagnante est plébiscitée aux US aussi bien chez Epsilon/ Abacus que ses principaux concurrents  IBehavior.

4/ Pourquoi vous rendez-vous chaque année à la DMA ?

Tendances, networking, partage de savoir faire métiers,  rencontres entreprises.

Y a-t-il meilleurs moments que le congrès de la DMA pour rencontrer et discuter de ces sujets passionnants avec les responsables américains de Google,  Facebook, Hilfinger, Macys ou United … ?








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