Hyatt : les leçons de la récession

20 06 2009

Comment relancer un Programme de Fidélité vieillissant, alors qu’on subit de plein fouet une récession qui affecte particulièrement son marché ? C’était le défi lancé à John Wallis, quand il a pris en novembre dernier la tête du marketing de la chaîne Hyatt.

John Wallis – Directeur du marketing et de la marque Hyatt

Sa réponse : une campagne promotionnelle appelée THE BIG WELCOME, d’une ampleur jamais égalée dans la chaîne hôtelière, autour d’un gigantesque jeu concours proposé sur 3 continents à la fois (Amérique du Nord, Europe et Asie). Les participants devaient rédiger un texte décrivant ce qu’ils feraient s’ils étaient invités à résider gratuitement dans un Hyatt pendant un an. Trois grands gagnants (un sur chaque continent) ont effectivement gagné 365 nuitées gratuites dans les Hyatt de leur choix. Les participants moins littéraires pouvaient simplement s’inscrire pour gagner une nuit gratuite (30 000 gagnants).

Le budget total de la campagne, print et online, s’est élevé à 6 millions de dollars.

Le résultat : 87 354 personnes ont pris leur plume pour rédiger un essai et 197 541 autres ont participé pour gagner une nuitée gratuite. Parmi les participants, 79 % étaient aussi clients d’une ou plusieurs chaînes concurrentes. Et beaucoup ont accepté de donner leur e-mail.

La chaîne Hyatt, comme l’ensemble de la filière hôtelière, voyages et congrès,  il y a clairement un avant/après le 16 septembre 2008, la chute de la banque Lehman Brothers. “Le client qui voyage aujourd’hui n’est pas le même que celui qui voyageait en 2008. En gros, les sociétés américaines se sont arrêtées de voyager après le 16 septembre 2008” explique John Wallis. “Nous nous concentrons sur les professionnels qui aujourd’hui voyagent, parce que c’est le signe qu’ils ont un job et disposent d’un budget.

Mais pour John Wallis, la récession qui affecte le marché du voyage – voyage d’agrément comme voyage d’affaire – est aussi une chance pour les plus forts d’augmenter leur part de marché à la sortie de la crise. ‘Tout repose sur la marque, comment vous la positionnez , comment vous créez de la valeur autour, en essayant de ne pas se laisser enfermer sur le  marché de l’utilitaire mais au contraire en étant sur un marché de valeur ajoutée.

Lorsque le journaliste demande si ce type d’opération est difficile à mettre en place, la Directrice de la Marque, également présente lors de l’interview, répond sur le champs : “You have no idea !” En détaillant la complexité à mener un tel concours multi-pays ( aspects informatiques, logistiques, légaux, de traduction, …). Son boss s’apprétait au contraire à répondre que c’était assez simple à monter…

Comment Hyatt utilise Twitter ?

Hyatt utilise Twitter comme canal de fidélisation, avec à ce jour 1 200 followers. La quantité peu parraître faible par rapport au nombre de clients qui chaque jour séjournent dans l’un des hôtels de la chaÎne, mais assurement il s’agit de “la crême” de leurs hôtes. Comme cette personne qui, séjournant au Hyatt de Milan, interroge sur Twitter les followers de Hyatt quel est le meilleur restaurant de sushis à proximité de l’hôtel. Il avait la réponse en quelques minutes, une réponse authentique, pas celle du concierge plus ou moins au fait de la chose, et surtout bien souvent débordé. Beaucoup d’échanges comme celui-ci arrivent sur le Twitter de Hyatt, et c’est exactement le type de relations que la chaîne voulait créer en lançant un compte Twitter.

Nouvelle offensive en Septembre

En Septembre Hyatt lance une nouvelle campagne promotionnelle de même ampleur, fort des enseignements appris de la première campagne, que John Wallis énumère dans une interview cette semaine dans AdAge :

- la connaissance clients : leurs comportements en réservant un voyage et durant leurs séjours

- les dispositifs créations/medias qui ont fonctionné, notamment certaines bannières publicitaires et le référencement payant. D’où la décision prise par Hyatt d’investir un montant supérieur en online par rapport à la précédente campagne.

Pour John Wallis, le marketing de l’hôtellerie a profondément changé depuis le 16 septembre 2008 :  “vous pouvez jeter toutes vos veilles bases de données et vos vieux algorithmes parce que les grands voyageurs qui avaient l’habitude de parcourir le monde ont perdu leur job’.

D’ailleurs, pour lui, Hyatt est désormais “une entreprise centrée bases de données, oeuvrant sur le marché de l’hôtelerie”.

Lire l’interview de John Wallis dans Promo Magazine et dans Adage (par Michael Bush).





Amazon triomphe dans Business Week

19 05 2009

Les Echos et BVA publient aujourd’hui le premier palmarès dit « Global Réputation Index » des entreprises, réalisé en France à partir d’un sondage.

Yves Rocher se classe première dans la catégorie Grande Consommation, et c’est la seule enseigne multicanal issue de la ‘vente par correspondance’ à gravir ainsi la première marche du podium, dans sa catégorie.

Aux Etats-Unis, Business Week avait dévoilé, dans son édition du 2 mars, le classement des meilleurs services clients de sociétés américaines (établi à partir de deux sources : les données de l’institut J.D. Power auxquelles est venu s’ajouter les résultats d’un sondage réalisé auprès de 1 000 consommateurs américains). Amazon.com arrive premier (devant respectivement USAA, une compagnie d’assurance ;Jaguar ; Lexus et The Ritz-Carlton).

Voir la liste complète des 25 entreprises arrivées en tête.

Car si l’on parle de récession, ce ne semble pas être le cas chez Amazon, dont les ventes sur le marché américain ont encore augmenté de 18 % au 4ème semestre 2008.

Son service Clients y est peut-êre pour quelque chose…

Le score d’Amazon est d’autant plus impressionnant que 30 % de ses ventes proviennent de ‘vendeurs Pro’ qui utilisent les services d’Amazon pour commercialiser leurs propres produits.

Mais le Service Clients chez Amazon a ses particularités.

D’ailleurs, avez-vous déjà parlé à un conseiller clientèle Amazon ? Rarement, sans doute, car Jeff Bezos, le président fondateur d’Amazon, fait une distinction entre Expérience Client et Service Clients. « Le Service Clients », explique-t-il dans Business Week, « c’est lorsque le client traite avec un employé d’Amazon. Et il veut que ce soit l’exception plutôt que la règle. En interne, le Service Clients est une des composantes de l’expérience Client » explique-t-il. En poursuivant : « L’expérience Client c’est tout autre chose : c’est bénéficier du prix le plus bas, de la livraison la plus rapide, et avoir ceci de manière la plus efficace possible, pour que vous n’ayez pas le besoin de contacter une personne de chez Amazon. Nous réservons le Service Clients aux situations inhabituelles ». Et de prendre, dans un grand éclat de rire, l’exemple d’un client qui appelle parce que :  « Je viens de recevoir mon livre et il manque les pages 47 à 58 ! ».

Pour arriver à obtenir de ses vendeurs Pro la même excellence de service que celle offerte depuis sa création, Amazon a mis en place des gardes fous efficaces, qui consistent notamment à observer le professionnalisme de ses partenaires. Par exemple :

- Un système de notation des clients (comme sur beaucoup de sites e-commerce)

- Les marchands doivent utiliser le système propriétaire de gestion d’emails d’Amazon, qui ainsi peut contrôler les conversations en cas de nécessité.

- Amazon a des critères de mesure spécifiques pour évaluer chaque marchand : nombre de plaintes de clients, taux de rupture de stock, taux de retours. Les marchands qui enregistrent plus de 1% de critères négatifs peuvent se voir refuser l’accès au réseau Partenaires d’Amazon.

- Et en 2006, Amazon US a lancé : Fulfillment by Amazon. Les marchands expédient leurs produits aux centres d’expédition d’Amazon, qui fait le reste : gestion des commandes en ligne, picking des produits, expédition, gestion de la relation clients et traitement des retours. Au 4ème trimestre 2008, Amazon US a ainsi expédié 3 millions de colis au travers de Fulfillment by Amazon, contre 500 000 colis un an auparavant.

Et si Amazon fait naturellement payer cette prestation aux marchands, ce ne sont pas les revenus provenant de cette activité qui l’ont poussé à lancer ce service. « Fulfillment by Amazon est important pour nous parce que cela nous permet d’améliorer notre Service Clients » explique Jeff Bezos. « Cela ne nous fait pas gagner beaucoup d’argent » poursuit—il, « mais si nous nous plaçons dans une logique de long terme, je crois que c’est très important pour nous ». Comme l’explique Heather Green, auteur du dossier dans Business Week, cela peut sembler paradoxal pour Amazon d’aider de petits marchands, certains étant même des concurrents, à gagner en productivité. Mais pour Amazon, l’objectif est d’avoir un contrôle sur l’expérience d’achat de ses clients, en la rendant plus fiable et plus cohérente. L’idée derrière : que davantage de personnes achètent via Amazon, et dépensent plus.

Et pour s’assurer que chaque employé d’Amazon conserve bien en mémoire la manière dont le Service Clients fonctionne, chaque employé y passe deux journées entières, tous les deux ans. Une piqure de rappel, dans un Service voué non pas à grossir, mais à disparaître. Au profit de l’Expérience Client.





Live from New Orleans – Day 2

6 05 2009

En direct de la conference CATALOGUE, WEB, RETAIL, New Orleans

Ce que vous auriez entendu aujourd’hui en conférences :

1- Humanity : Soyez en emphatie avec vos clients, humanisez votre communication, c’est le mot d’ordre, entendu à longueur de conférences. Serait-ce un effet de la crise, quand le consommateur regarde à deux fois avant d’ouvrir son portefeuille ?

2- Ne stoppez pas vos campagnes Print ! ThinkGeek, un site e-commerce de “produits uniques pour les ‘techno-enthusiastes’”, (“stuff for smart masses“) a démarré son activité en 1999 avec uniquement un site. L’année dernière, il a lancé un catalogue ‘papier’ très rentable pour lui, qui lui sert à fidéliser et à renvoyer sur le site.

3- La question n’est plus de savoir si l’on doit avoir un blog ou encore s’il faut se joindre aux conversations sur les réseaux sociaux. La question s’est : “qu’attendez-vous ?” (vos concurrents ne vous ont pas attendu, eux…)

4- Pourquoi les Réseaux Sociaux sont si importants (plus que jamais en période de récession)?

- Parce que chaque consommateur aime découvrir de nouvelles choses.

- Parce que chaque consommateur aime montrer ses découvertes.

Notre job de marketer : leur faciliter à la fois la découverte et la diffusion aux autres de leurs découvertes .

Et pour convaincre les derniers sceptiques… le Social Marketing est le canal le plus économique en ces temps de disette : l’internaute, ambassadeur de votre marque, fait tout le boulot de “commercial”…

Enfin, un sujet qui ferait polémique en France, qui passe quasiment inapperçu ici…

USA Today dévoilait ce matin, le ‘package’ des ‘grands patrons’ en 2008 : $112 millions pour le CEO de Chesapeake (secteur énergie), $104 millions pour le CEO de Motorala, $ 51 pour celui de Disney.

Le rêve américain perdure…

A demain ! Stay tuned !





POURQUOI TOUT LE MONDE AIME ZAPPOS

3 05 2009

EN DIRECT DE LA CONFERENCE CATALOGUE ONLINE RETAIL ( DMA)

May 4-7 – New Orleans

Le site de e-commerce de chaussures fait la couverture de INC.,la bible des entrepreneurs américains.

Zappos.com est la start-up américaine la plus innovante de cette décennie. Crée en 1999 sur l’idée de vendre des chaussures sur Internet (une gageure quand on y pense …), l’entreprise s’est depuis diversifiée et vend toute sorte de produits. Zappos.com, rentable depuis 1994, a dépassé pour la première fois le milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2008, une hausse de 20% par rapport à l’année précédente.

Dans l’interview qu’il a accordé au magazine INC., Tony Hsieh, Président fondateur de Zappos, (aujourd’hui âgé de 35 ans), se présente comme un entrepreneur atypique:

  • Contrairement à l’idée reçue qu’il faudrait avoir connu un premier échec avant de réussir sa ‘success-story’, Tony Hsieh avait déjà créé, tout jeune étudiant à Harvard, LinkExchange, l’une des premières régies publicitaires sur le Web, revendue à Microsoft $ 10 millions de dollars en 1998. De quoi rester zen pour réfléchir à son concept suivant – Zappos – et assurer son financement de départ…

  • La mission de Zappos est « de rendre heureux ses employés et ses clients ». Et Tony Hsieh est très sérieux avec cela. Il dévore les livres ‘how-to’ de développement personnel. La première question qu’il pose au journaliste de INC. ? « Qu’est-ce qui vous rendrait encore plus heureux dans la vie » ?

  • OPEN : Tony Hsieh a lancé en Décembre 2008 un site éducatif où tout entrepreneur peut poser toutes sortes de questions sur les process de Zappos aux manageurs et employés de Zappos.com,moyennant un abonnement mensuel de $39,95.

Et tous les jours, des groupes de consultants, CEO et jeunes start-upers débarquent dans l’entreprise, pour un ‘Tour’ ( un nouveau « tour » démarre toutes les 2 heures…). Au total, 12 employés sont dédiés à ce service et répondent aux questions. De passage à Las Vegas, après la (fausse) Tour Eiffel et le buffet du Bellagio, la visite de Zappos est un must : il suffit de réserver à son hôtel et un mini bus aux couleurs de Zappos vient vous prendre…

  • Pourquoi Las Végas ? L’entreprise créé à San Francisco a déménagé pour le Nevada car son fondateur voulait permettre à ses employés du Service Clients (un département ouvert 24/7) de vivre une vie agréable dans la ville qui ne dort jamais, avec des commerçants ouverts eux aussi sans interruption. L’année du déménagement, 70 employés sur les 100 que comptait l’entreprise àl’époque ont suivi. Bel exemple de mobilité et d’attachement à son entreprise…

  • DIVERSIFICATION : depuis 2006, Tony Hsieh a lancé une filiale de sous-traitance à destination des entreprises auxquelles il propose de prendre en charge la commercialisation, le stockage et transport de leurs produits.

  • SERVICE CLIENT : pas de script pré-établi ou de temps de parole comptabilisé lors des appels clients. Tout est dans le P-E-C: Personal Emotional Connection avec le client. Chaque employé est encouragé à prendre des initiatives. A une cliente qui venait de perdre son mari et qui demandait si elle pouvait retourner une paire de chaussure tout juste commandée ( le retour gratuit et la livraison gratuite sont parmi les promesses du site), l’employé n’a pas hésité, de sa propre initiative, à faire livrer un bouquet à cette cliente.

Et à la question que Tony Hsieh aime poser à ses interlocuteurs , « sur une échelle du bonheur graduée de 1 à 10, ou vous situez vous ? », lui-même répond : 8,5. Joli score, pour un entrepreneur qui n’aspire lui-même qu’à une chose dans la vie : rendre heureux ses clients et employés.





Interview du COO de Facebook

19 04 2009

Facebook a doublé de taille en un an et compte désormais 200 millions d’inscrits. Dans une interview vidéo, Stephen Adler, rédacteur en chef de Business Week, interroge Sheryl Sandberg, Chief Operating Officer de Facebook sur la stratégie et le modèle économique de Facebook. Extraits :

Qu’est-ce que  Facebook ?

Nous facilitons les échanges,” explique Sheryl Sandberg. “Nous permettons aux membres de rentrer en relation les uns avec les autres et de diffuser de la publicité d’une manière qui ne soit pas intrusive“.

Sur la stratégie de Facebook :

Our business is advertising. Clairement, Facebook voit le marché publicitaire comme LA solution pour dégager des revenus de sa gigantesque audience.  Sheryl Sandberg fait ce constat : ” Les personnes passent de 28% à 29% de leurs temps libre en ligne, alors que les dépenses publicitaires en ligne ne représentent que 8 à 10 % du total. Il va donc y avoir une migration des budgets publicitaires de d’autres supports vers le online“.

Quelle publicité sur les réseaux sociaux?

La question, qui s’applique à tout réseau social, est de savoir comment les annonceurs s’y prennent pour que leurs publicités soient considérées par leurs membres comme vraiment utiles. “Nous pensons“, explique Sheryl Sandberg, “que la publicité doit se mélanger à l’expérience. Sur Facebook, nous n’avons pas de grandes bannières à travers le site, ou de publicités textuelles liées à des mots clés, qui elles, font partie intégrante de l’expérience apportée par les moteurs de recherche“.

La COO de Facebook donne comme exemple la campagne menée par Honda pour la Saint Valentin.

Ce jour-là, Honda donnait un cadeaux virtuel ( un petit coeur numérique). Honda a payé pour 750 000 coeurs ( Sheryl ne dévoile pas le montant du budget …). Ainsi, 750 000 personnes ont envoyé à 750 000 autres personnes un petit coeur. L’intérêt pour Honda ? On a parlé  sur le site de la marque et des ses voitures.

Selon Sheryl Sandberg “cette forme de publicité ne ressemble pas aux grandes publicités que l’on a l’habitude de voir sur les autres sites; elle ressemble à des flux d’information.”

Voir la vidéo.






Un annonceur sans langue de bois

31 03 2009

Venez nombreux à la conférence que j’anime demain mercredi 1er Avril au Salon MD EXPO,

Porte de Versailles, à 17h, Salle Europe,

sur le thème :

Comment le ON influence le OFF

Comment le OFF influence le ON

Olivier Porte, Directeur Général de la société ADLPartner, nous fait l’amitié de partager avec nous son expérience en multicanal. Il est si rare en France qu’un grand acteur du Marketing Direct dévoile quelques ‘recettes’ maison,

je tenais à vous signaler particulièrement ce rendez-vous. Assurément les discussions vont se prolonger bien au delà de la conférence. C’est d’ailleurs parfois dans ces ‘afters’ qu’on apprend le plus et surtout qu’on ‘network’ le mieux…

A demain !





LEE et le Social Marketing

15 02 2009

Liz Cahill, VP Marketing de LEE Jeans depuis 2006, fait prendre à la vénérable marque centenaire le tournant du Social Marketing.

C’était urgent. La marque de jeans devait impérativement redynamiser son image, quel que peu dépassée face aux centaines de nouveaux labels de jeans créés depuis 10 ans, jugés nettement plus glamour par la cible des 15-35 ans.

Interrogé en vidéo par Jennifer Rooney de Advertising Age sur sa stratégie de Social Marketing, Liz Cahill avoue avoir été extrêmement surprise par la réceptivité et la rapidité des internautes, dès lors que l’on commence à engager la conversation avec eux.  Liz Cahill et son équipe ont commencé par réaliser un ‘ Social Audit’ avec son agence Barkley, pour étudier les e-conversations nouées à son sujet : qui parle de LEE sur la toile ? Que dit-on sur la marque ? Et, surprise, la marque était déjà au coeur de conversations en ligne, sans qu’elle l’ait réellement cherché. En bien ou en mal.

A partir du moment où vous ouvrez votre marque vers l’extérieur, cela veut dire que vous acceptez le principe de converser. Il faut vous attendre à des réactions très tranchées, sur un mode J’aime/Je déteste. Et il faut faire très attention aux réactions négatives envers votre marque.  Sur les blogs, on attire forcément des commentaires négatifs, et mieux vaut y  répondre… Le pire serait de les ignorer” explique Liz Cahil, qui elle-même tient un blog, From the Hip.  Sur son blog, avançant ‘non-masquée’ et fondant sa légitimité à prendre la parole sur ses 20 ans d’expérience du métier de retailing, elle fait part de ses impressions de consommatrice lambda, sur la manière dont les marques répondent vraiment aux désidératas des femmes, pour des vêtements quis’adaptent à leur morphologie.

Le National Denim Day.

Créé par LEE en 1995, le National Denim Day est une initiative proposant aux américains de porter un jeans chaque premier vendredi du mois d’Octobre – un mois traditionnellement dédié dans le monde entier aux actions en faveur de la recherche contre le cancer – et de faire ce jour-là un don de 5 dollars.

L’idée de départ de LEE était de se rapprocher de son coeur de cible — les mamans prescriptrices au sein de la famille en matière de jeans — en leur permettant de ‘faire une différence’ en faveur d’une cause à laquelle elles étaient sensibles.

Le succès du National Denim Day a  été immédiat et ne se dément pas depuis 13 ans. Au total, l’opération a permis de lever 75 millions de dollars.

En 2008, 99 % des fonds a été récolté via  Internet sur le site www.denimday.com.

En menant une stratégie de viral, LEE a fait passer le mot sur YouTube, Google, Flickr, Wickipedia et sur de nombreux blogs. L’apparition de célébrités prônant la cause dans des émissions de télévision a aussi permis de faire connaître l’opération.  Barkley, l’agence à l’origine de l’opération, a répéré en amont les blogeurs en affinité avec la cause qui auraient à coeur de diffuser l’information.

Paul Dunay sur son blog Marketing 2.0, recense les points forts de la campagne 2008  :

- Un site dédié  : www.denimday.com

- Une communication visant principalement les femmes, mais qui n’oublie pas les hommes et les entreprises

- La possibilité donnée à chacun de s’enregistrer, de créer son ‘équipe’ et de faciliter la tache aux autres internautes pour reprendre l’information pour leur compte ( User Generated Content) en mettant à leur disposition du matériel de communication à diffuser.

- La création par LEE  de Pages sur des sites communautaires ( Facebook, MySpace, Flickr et YouTube) pour s’appuyer sur les communautés existantes pour faire passer le mot. Avec toujours un lien vers le site denimday.com.

- LEE a aussi beaucoup travaillé le référencement du site denimday.com sur Google, et a réactualisé en permanence le site. Le bon référencement a immédiatement fait décoller son trafic..

- LEE a multiplié les partenariats bénévoles en demandant à des célébrités de parler de la cause dans des émissions de télévision de fortes audiences, relayées par des vidéos sur MySpace.

- Et LEE s’est allié aux sites existants servant la cause du cancer.

Parmi les éléments à retenir :

- Campagne participative : les internautes peuvent créer en ligne leur propre ‘team’. Ils deviennent ainsi des ‘ambassadeur’ de la cause et sont extrêmement motivés pour faire vivre la communauté qu’ils ont créée.

- Transparence : LEE endosse toute la responsabilité, en rendant compte sur le site de l’avancée de l’opération au fil de l’eau et en communiquant dans les médias le montant des sommes levées chaque année.

- Réactualisation permanente du contenu du site, servant de ‘hub’ à l’opération.

- Mesures de toutes les actions, grâce à des tags sur chaque lien.

- Cohérence : L’image du National Denim Day forme un tout reconnaissable à travers tous les médias utilisés. LEE met à la disposition de tous du matériel de communication charté, susceptible d’être repris sur des blogs.

Et toujours le secret N°1 du Social Marketing :

LA LIBERTE : LEE n’impose rien aux blogeurs.





Stan Rapp et le Super Bowl

13 02 2009

L’Email Evolution Conference, qui s’est tenue début Février en Arizona, avait comme invité d’honneur le légendaire Stan Rapp. Stan Rapp a fondé l’agence RAPP, l’une des 5 premières agences publicitaires au monde dans les années 80. Il est aussi l’auteur de nombreux bestsellers, dont MaxiMarketing dans lequel il parlait pour la première fois de One to One Marketing, avant que Don Peppers et Martha Rogers formalisent le concept notamment au travers de 2 livres ( traduits en France par Henri Kaufman et moi-même).

Aujourd’hui à la tête de Engage, un nouveau type d’agence du 21ème siècle, Stan Rapp a dénoncé, dans un discours volontariste, la frilosité des annonceurs toujours attachés aux spots TV de masse. En regrettant qu’à une époque où chaque dollar doit être dépensé avec justesse, l’e-mailing,  l’un des rares outils ciblés et mesurables, ne soit pas davantage utilisé.

Dans une économie tendue, Madison Avenue n’a aucune excuse à rester inerte au changement.  Son incapacité à ré-allouer les budgets pour refléter les priorités de la ‘e-conomy’ du 21ème siècle, ne fait qu’accroître l’impact de la crise économique sur ses clients annonceurs‘ s’est insurgé Stan Rapp.  “Près de  $200 millions ont été dépensé en spots publicitaires TV le 2 février, à l’occasion de la retransmission du Super Bowl. [...]. La plupart des analystes considèrent l’impact de ces publicités, avoisinant un coût unitaire moyen de  $3 million, comme faible, voir inexistant à générer de l’intérêt ou des ventes“.

Et puisque Stan Rapp s’exprimait devant un public d’experts en E-mailing, un seul chiffre lui a suffit pour montrer le  manque de discernement de certaines marques : “En quelques heures, presque 20 % des dépenses publicitaires annuelles consacrées à l’emailing sont partis en fumée.“.

Stan Rapp, dans un prochain livre à paraitre fin 2009, prône un marketing basé sur 4 valeurs :

- La pertinence

- Le dialogue

- L’implication

- La mesure des actions.

Des valeurs qui sont le fondement des campagnes E-mailing, quand elles sont bien faites.





Les “primes” fonctionnent-elles encore ?

27 01 2009

Souhaitant savoir si une ‘veille’ recette gagnante de la Vente Par Correspondance — la prime — fonctionnait toujours, j’ai posé la question à deux experts, Bernard Rossillon et son fils Charles, qui dirigent Groupe Rossillon, une entreprise familiale de cadeaux et objets publicitaires, structure basée majoritairement en Chine et volontairement très légère en France.

Bernard a occupé des fonctions de Direction Commerciale et Marketing, chez France Loisirs et Le Grand Livre du Mois et au Club Français du Vin,  il sait de quoi il parle.

Pour eux, “le cadeau continue toujours à booster un maximum les commandes, surtout en ce moment où les gens hésitent à 2 fois avant de faire un achat. En tant de crise, le cadeau est un sérieux “coup de pouce“.

Par contre, il faut trouver la bonne prime en fonction de sa cible. “Nous travaillons de plus en plus avec des produits liés a l’informatique, la clé USB par exemple marche très  bien.” Mais certaines primes, qu’on pourrait penser tout à fait démodées, donnent de bons rendements sur une cible senior, sur des personnes qui n’ont pas accès à Internet, ou encore des personnes en milieu rural, éloignées des magasins et qui commandent beaucoup par correspondance. Parmi les valeurs sures :  la montre griffée, les accessoires autour des arts de la table, les parures de stylos,  et dans des budgets plus réduits, les porte clés. Nous voilà rassuré, un petit présent fait toujours plaisir. Et accessoirement, peut-être sauvera-t-il nos rendements mailings cette année…





Les blogs, mieux qu’un cours d’HEC ?

23 11 2008

Vous connaissez surement cela : être déjà dimanche soir, au sortir d’un week-end où vous aviez promis à votre client (ou votre Directeur Marketing ou votre DG ) de lui trouver l’accroche ‘canon’ qui allait doubler les rendements de sa brochure.

Une promesse lâchée le vendredi, cela paraissait si simple, 2 X 24h pour trouver forcement les 5 mots qui allaient faire mouche.

Seulement voila, nous sommes Dimanche soir et l’accroche n’est toujours pas trouvée…

On cherche déjà les excuses à fournir demain matin…

Et là, tout à coup, les blogs deviennent nos meilleurs NOUVEAUX amis.

Plus efficace, ce soir, qu’un cours d’HEC…

Pour ma part, au détour de la lecture de l’excellent blog d’Hervé Pépin, une de ses notes fait tilt : le fear marketing.

Exactement ma problématique, avec une ‘how to ‘ en 5 points sur la manière de bien utiliser ce ‘marketing de la peur’ qui peut, s’il est bien fait, déclencher les achats.

Vive les blogs, et merci ce soir à Hervé Pépin!








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