Data hype made in San Francisco : que retenir du 1er @BeautyTechSF organisé par Odile Roujol ?

 

Premier @BeautyTechSF meet-up, 25 septembre à San Francisco

 

Lundi 25 septembre à San Francisco. Ils sont tous là. Plus de soixante dix entrepreneurs, investisseurs, (business angels et VCs) et C-suite Executives ont répondu présents à l’invitation d’ Odile Roujol pour le premier @BeautyTechSF.

Récemment créée, @BeautyTechSF est la première communauté de « beauty lovers » réunissant entrepreneurs et investisseurs autour de la technologie au service de la beauté. Sous forme de ‘Meet-up’, la communauté compte déjà 190 membres, résidant à San Francisco et dans la Bay Area, mais aussi à LA, NY, Miami, Londres et Paris.

Il faut dire qu’Odile Roujol maîtrise le sujet. Figure majeur du Digital et de la Data, elle dirigea Lancôme International (Groupe L’Oréal), avant d’intégrer le groupe Orange au poste de EVP Brand et Communication, puis Chief Strategy & Data Officer.

Aujourd’hui installée à San Francisco, avec son mari Eric Gervet, senior Partner chez A.T. Kearney, Odile – hyper achiever – endosse trois casquettes – celles de Advisor, Board Member et Business Angel – et profite d’être dans cette région exceptionnelle – la baie de San Francisco, championne mondiale de l’innovation MarTech – pour multiplier les échanges à hauts niveaux et penser « agile », en atteste sa semaine en immersion à la Stanford Business school, invitée par le #WomenEntrepreneurProgram  de BNP Paribas Wealth (Lire son post )

Ceci, en plus d’animer ce @BeautyTechSF.

A Paris, une telle réunion s’appellerait Diner du Cercle, se tiendrait dans un salon parisien et se clôturerait par un buffet de fours sucrés-salés. Ce soir-là à San Francisco, Odile recevait chez elle au coté de son mari, les plus chanceux assis sur des coussins, les autres debout adossés aux murs ou grimpés dans les escaliers. Peu importe. Pas de chichi, l’atmosphère est énergique, enthousiasme, rapide, chaque minute compte à San Francisco, et le tout se clôturera par du networking sur la terrasse baignée de la lumière californienne, autour d’un large buffet vins-fromages.

Le @BeautyTechSF meet-up à San Francisco

 

3 réunions sur 4 en France ne débouchent sur rien, nous a dit Laure Cloizier sur BFM. Ici, rien de tout cela. A l’américaine, le meet up avait été largement préparé et cadré. Animé par Owais Ahmad (président et cofondateur de West Agile Labs) la discussion a démarré par un premier « Fireside Chat » avec Sean Sheppard, fondateur de l’incubateur GrowthX et Guest Star de la soirée. A San Francisco, GrowthX accompagne et finance de très belles start up (dont GlamST, présente dans le panel) et propose également un programme (GrowthX Academy) pour former des profils d’ingénieurs au design, à la vente et au développement d’entreprises via acquisitions.

Sean Sheppard, fondateur de l’incubateur GrowthX (chemise claire) : « Parlez davantage de “H2H” (‘human to human’) que de B2C et de B2B ! »

 

Puis, sous la forme d’un panel, ce fut au tour de 4 formidables entrepreneurs de raconter « leurs boites » : comment tout a démarré, les joies, les challenges, et comment innover et disrupter pour offrir une meilleure expérience consommateurs.

  • Erika Shumate co-fondatrice de Pinrose, une plateforme e-commerce qui propose de créer son parfum à soi selon sa personnalité

 

 

  • Agustina Sartori, fondatrice et CEO de GlamST (« The maker bar that never closes »), la première plateforme de maquillage virtuel online et magasin, au service des marques et enseignes du secteur de la beauté. Parmi ses clients : Ulta Beauty, Neiman Marcus, Maybelline NY, Clarins, Dior, YSL, Lancôme, Shiseido…

 

 

  • Anna Santeramo, fondatrice et CEO de Stylebee, une application mobile de mise en relation entre particuliers et professionnels de la beauté (coiffeurs, make-up artists, barbiers…) qui se déplacent à domicile.

 

 

  • Devon Bergman, CEO et cofondateur de Social Standards, une plateforme d‘analyse de données qui adresse chaque marché en vertical et permet à un marketer de piloter sa marque, ses produit et ses promotions en connaissant tout ce qui s’en est dit en social, via des clusters définis par Age/sexe/intérêt/ethnicité/géolocalisation.

 

BEAUTY TECH : DE QUOI PARLE-T-ON ?

 

Les principaux segments définis par CB Insight :

  • Brick-and-mortar Salons – startups have launched new brick-and-mortar salon chains.
  • Multy-category Cosmetics – startups creating new makeup & cosmetic brands, and offering a range of products including foundation, mascara, lipstick, and more. Including Glossier, who pairs its cosmetics brand with an online media platform.
  • On-demand beauty –Startups that send stylists directly to people’s homes or offices for makeovers, hair styling, manicures, etc.
  • Skin care–startups are using all-natural or plant-based ingredients in new skin care products.
  • Subscription boxes–startups that focus on subscription boxes with curated selections of numerous brands’ products .
  • Beauty E-commerce Platform – Startups provide e-commerce platforms focused solely on beauty and cosmetics, from different brands.
  • Direct-to-consumer distribution platform

 

 

Odile Roujol nous confie ce qu’elle a retenu de ce premier @BeautyTechSF

 

► A quel stade de développement se trouvent les entrepreneurs du panel ?

Odile Roujol : Ce soir, tous les intervenants sont dans la phase d’amorçage (ou Series A), une période où tout est possible, mais aussi où le risque est toujours très élevé. Pour mémoire, 75% des startups n’arrivent pas à se hisser au stade de Serie A. Dans cette phase, les entrepreneurs doivent développer une vision, tout en générant des revenus pour grandir.

►Leur reconnaissez-vous des points communs ?

Odile Roujol : De manière générale, la majorité des formidables entrepreneurs que j’ai rencontrés au cours de ces deux dernières années ici ont grandi avec le boom des applications peer-to-peer et des médias sociaux. Ils ont en commun deux choses :

  • ils sont data driven – ils comprennent la valeur que revêtent les données clients, et ils sont “obsédés” par l’expérience client et par l’apport d’une communauté engagée
  • ils se donnent une mission, celle d’avoir un impact sur la vie quotidienne des personnes auxquelles ils s’adressent.

 

 

 

Sean Sheppard, business Angels et VC, avec 3 entrepreneuses de la Beauty Tech

LES DEUX POINTS CLÉ DE SEAN SHEPPARD

Odile Roujol : Sean Sheppard nous enjoint de parler davantage de “H2H” (‘human to human’) plutôt que de B2C et de B2B. Lorsque Sean Sheppard s’intéresse à une société, ce n’est pas tant l’idée qui l’intéresse que la façon de générer des revenus, et de devenir profitable, tout en se développant. Il est de ces investisseurs qui mettent en garde : « Ne levez pas plus que vos besoins ». Pour lui, tout est une question de « human to human » : savoir repérer les bons entrepreneurs. Il ne fait d’ailleurs pas vraiment de distinction entre BtoC et BtoB. Pour lui, tout tourne autour du consommateur ».

L’ultime conseil de Sean Sheppard aux entrepreneurs présents

Odile Roujol : Trois points :

  • Investissez dans vos talents (la bonne personne, ayant un vrai sens de son travail)
  • Pensez à ce qui va enchanter votre consommateur
  • Et chemin faisant, ne perdez pas de vue le profit, il sera toujours nécessaire…

 

L’INTERVENTION DE MATTHIEU SOULE, ATELIER BNP PARIBAS 

Parmi les intervenants présents, Matthieu Soule qui dirige à San Francisco l’Atelier BNP Parisbas. Son rôle est de faire se rencontrer grands groupes et startups, et le secteur de la beauté est un de ses grands sujets. Pour lui, “A revolution is under way, the year 2017 is an exciting one for innovation and deals », en rappelant les chiffres du marché mondial de la beauté : 440 milliards de dollars, 60 milliards rien qu’aux Etats-Unis (le marche de la beauté comprenant maquillage/ cosmétique /parfum / produits cheveux et corps.

Matthieu Soule, Deputy CEO at L’Atelier BNP Paribas in San Francisco

Répondant à une question posée par Owais Ahmad sur le risque de saturation du marché avec l’émergence de cette « BeautyTech », Matthieu Soule défend l’idée selon laquelle le marché est au contraire drivé par l’innovation solutionnant de vrais problèmes, et non pas sur-saturé. Et de citer quelques segments de cette « BeautyTech » qui met la tech au service de la beauté :

  • Des plateformes qui relient experts et consommateurs (le modèle de StyleBee, dans lequel l’AI apporte une aide concrète aux personnes, leur permettant de prendre rendez-vous auprès de coiffeurs ou maquilleurs à domicile)
  • des applications créant du maquillage virtuel (le modèle de GlamST) ou analysant la peau pour aider à choisir son fond de teint parfait
  • et enfin les produits customisés (Premadonna pour les ongles et les tatooes, ciblant les teenagers, Pinrose pour les parfums personnalisés).

 

 

COMMENT AVEZ-VOUS EU L’IDÉE DE VOTRE ENTREPRISE ? 

Odile Roujol résume les réponses apportées par les entrepreneurs du panel :

Pour Erika Shumate, co-fondatrice de Pinrose, c’est en écoutant ses amies lui parler parfum. Elle a eu l’idée de leur envoyer un quizz, dans le but de créer pour chacune un parfum correspondant à leur humeur et leur personnalité. Puis le bouche à oreille, et les influenceurs, ont fait le reste, séduits par cette approche rafraîchissante dans cette industrie plus généralement régi par les ingrédients et les marques (souvent cautionnée par des celebrities).

Agustina Sartori, fondatrice et CEO de GlamST est originaire de l’Uruguay. Son idée ? Se former à la tech pour aider les femmes à trouver le bon fond de teint, ce qui les aiderait à avoir plus confiance en elles. Mais avant tout, Agustina veut avoir un impact sur ce secteur. A son actif, des partenariats noués avec de grandes enseignes (dont Ulta Beauty), avec des marques sélectives ou de mass market, à la fois pour leur site e-commerce et leurs magasins.

Anna Santeramo, fondatrice et CEO de Stylebee, est née en Italie. Lorsqu’elle a déménagé à Los Angeles, elle a été étonnée de constater les tarifs très élevés en Californie pour une coupe chez un coiffeur, et le temps que cela prenait. Elle voulait permettre aux femmes de se faire coiffer à domicile. Moins de temps et un meilleur rapport qualité prix. En même temps, dans la Silicon Valley, elle a rencontré un grand nombre de coiffeuses et make-up artists qui étaient mères célibataires. Elle a compris qu’elle pouvait aussi avoir un impact dans leur vie, en leur donnant la flexibilité de choisir le nombre d’heures à travailler et leurs horaires.

 

 

COMMNENT COLLECTER LA DATA ?

Odile Roujol résume :

La question posée par Owais Ahmad, s’adressait tout particulièrement à Devon Bergman dont la start up, Social Standards, révolutionne l’usage de la data social. Social Standards permet d’écouter les conversations des consommateurs, partout, tout le temps, sur Twitter et Instagram, et de transformer ces données en insights pour une marque ou une enseigne. Devon a donné comme exemple une marque de beauté qui a doublé la part de vente d’un produit dans une certaine catégorie chez un distributeur mass market, en observant sur les réseaux sociaux le fait que ce segment était en forte demande. « L’observation des mots utilisés par les femmes sur les réseaux sociaux » a expliqué Devon Bergman, « permet aux marques et à leurs agences de s’adapter aux attentes des consommateurs ». Et de citer un exemple : « Savez-vous que la grande tendance est au « no make up » ? (qui est tout sauf se passer de maquillage).

 

 

La « team » Social Standards, entourant Odile Roujol : Devon Bergman, CEO et cofondateur de Social Standards (à gauche) et Vladimir Bogdanov, CTO and cofondateur de Social Standards.

 

 

LA TECHNOLOGIE, UN ACCELERATEUR DE CROISSANCE DEPUIS LA CREATION DE LA START-UP ?

Deux des panelists ont vu une accélération de leur business par la technologie depuis leur lancement :

  • GlamST, la première plateforme de maquillage virtuel online et magasin, va prochainement enrichir son application de flux vidéo
  • Et naturellement Social Standards, pure société technologique.

Odile Roujol explique : Social Standards traite des quantités de data considérables, qui permettent aux data scientists et aux équipes commerciales d’isoler des clusters of clients, et de connaitre leurs centres d’intérêt, leur ethnicité, leurs âges, mais aussi leur localisation et leurs préférences. Ces données sont collectées pour créer de nouveaux services, adapter la communication à des profils des clients, ceci selon le contexte (où et quand). C’est une révolution pour les décideurs. La solution peut aider à réagir en temps réel et même à prédire les tendances futures, ou à alerter sur les nouveaux challengers à venir, que ce soient des marques ou des entreprises émergentes.

 

 

QUE PENSER DE L’APPORT DES INCUBATEURS AU DEMARAGE ?

Odile Roujol résume :

Anna Santeramo, fondatrice et CEO de Stylebee, a intégré Y Combinator, et a beaucoup appris des échanges avec les autres entrepreneurs, partageant leurs préoccupations en tant que entrepreneurs. “La disruption est inconfortable mais excitante, déstabilisante mais énergisante” a rappelé Anna.

Agustina Sartori partage le même point de vue, avec 500Startups, tout en précisant qu’il ne faut pas s’attendre à ce que ces incubateurs soient des experts de la Beauty ! «  Vous êtes celui ou celle qui connaît votre secteur. Mais un incubateur permet de relier les points, et relier les persones, et de rester « focus », car le temps est précieux » a résumé Agustina.

 

CE QU’ODILE ROUJOL RETIENT DE CE PREMIER @BeautyTechSF

« Je suis convaincue, en tant qu’ancienne CEO dans l’industrie de la beauté et obsédée par la data depuis de nombreuses années, qu’une nouvelle génération de leaders est en train d’inventer les prochaines marques mondiales et les nouvelles plateformes.

Vous voulez être prêt pour la disruption? Regardez ces grands entrepreneurs. Ils sont curieux et humbles. Ils sont passionnés et ils y croient. Ils mettent les mains à la patte et ils essayent, ils testent, et ils apprennent tous les jours. Et si ils sont des entrepreneurs tech, ils se concentrent sur le résultat, pas sur la technologie ».

 

NEXT STEP!

En exclusivité, je peux vous annoncer la date du prochain @BeautyTechSF meet-up : 25 janvier 2018 à San Francisco ! Frédéric Benqué , General partner chez NextWorld Evergreen accueillera le prochain événement dans ses magnifiques bureaux de Montgomery street.

  • Le 25 Janvier 2018
  • Adresse : 836 Montgomery St, San Francisco, CA 94133

 

Frédéric Benqué, General partner chez NextWorld Evergreen 

▶️ Pour s’inscrire : Meet up @BeautyTechSF. Et entre deux meet-up, twitter : https://twitter.com/BeautytechSF/media !

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

 

Customer Insight repère les innovations en Digital, Mobile et Retail aux Etats-Unis, et aide les entreprises françaises à transposer avec succès ces stratégies ayant fait leur preuve aux U.S. Notre méthode, nos prestations sur-mesure. Parlons ensemble sur Linkedin.

 

 

 

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