Franck Glenisson, photographe du story telling

Franck Glenisson

2011, la vidéo est omniprésente.

Certains  magazines  l’ont bien compris. Poussés, à l’ère du tout-gratuit, à revoir le « contrat de lecture » signé tacitement avec leurs audiences, ils s’entourent des meilleurs créatifs et s’emparent du pouvoir de l’image pour sortir des sentiers battus. Les magazines seraient-ils moins frileux que les marketers ?

C’est ce que l’on est en droit de penser en suivant le parcours météorique d’un jeune photographe de 36 ans, Franck Glenisson, découvert par la légendaire Isabella Blow qui lui confia 6 portraits de l’Aristocratie anglaise pour le TATLER UK et qui aujourd’hui  à l’invitation des plus grands magazines de mode internationaux, invente une nouvelle forme de story telling, tout en images.

La force de l’idée

« Retour à l’idée forte » entend-t-on dans  tous les cénacles marketing. Une idée forte, que l’on décline sur tous les supports pertinents pour la marque.

C’est la logique d’une Lady Gaga : une chanson devient 10 chansons.

C’est aussi la logique du story-telling, très en vogue dans les années 2000 : partir de l’ADN de la marque pour raconter toute une histoire — authentique — autour d’elle, qui va la positionner et emplir l’imaginaire de ses publics.

C’est Ralph Lauren et ses sublimes demeures-boutiques, dans lesquelles on déambule en hôtes privilégiés, pour découvrir un pan de la collection au détour de chaque pièce.

C’est Kiehl’s qui, de la petite échoppe d’apothicaire fondée en 1851 dans l’East Village à New York,  n’a pas changé d’un iota son crédo : efficacité des formules, considération des clients,  absence de publicité mais une généreuse distribution d’échantillons  – tout ceci concourant à faire de Kiehl’s  une pépite du groupe L’Oréal.

Travailler une série de mode comme un film

Entre Paris et New York, le photographe Franck Glenisson applique le story telling à l’image.

A partir d’un thème – la mer, le moyen-âge – lancé par son client, un magazine de mode, il se met à écrire ,dessiner,photographier puis filmer  une histoire autour d’une personne (la muse d’Helmut Newton, un couple lesbien,un jeune mannequin handicapé, une icône du porno…).

Mieux encore : alors qu’un superbe reportage de photos dans Vogue ou Vanity Fair – aussi sublime soit-il – ne dure que le temps de la parution du numéro – Franck Glenisson fait perdurer l’histoire dans le temps. Il en a d’ailleurs breveté le concept.  Quelques années après, il reprendra le fil de l’histoire en tournant avec son personnage une nouvelle série de mode pour le magazine commanditaire. Chaque concept signé de Franck Glenisson étant très médiatisé,  bien au-delà de la sphère du magazine (performances live titanesques,affiches urbaines géantes annonçant la sortie imminente du prochain concept…),créant ainsi un véritable réseau tentaculaire à travers la toile,  les rédacteurs en chef applaudissent.

 

Emouvoir avec intelligence

Glenisson n’a pas peur des sujets tabous. En 2009 il a mis en scène dans une série de mode Mario Galla, un jeune handicapé exerçant la profession de mannequin.  Pour ce jeune homme, c’est chaque fois le même scénario, plombant : les auditions pour décrocher un travail se déroulent parfaitement bien jusqu’au moment où, proche de signer le contrat, il doit révéler son handicap, une prothèse à la jambe droite ( ?). Vous imaginez la suite.

Pourquoi ce thème ? « Je souhaitai raconter l’évolution d’un jeune homme handicapé plus par le regard des autres que par son propre handicap » explique Franck Glenisson. « Ma volonté était de montrer un homme avant tout, qui ne se cachait plus. C’était une sorte de « coming out » .

Lorsqu’on lui demande si il n’a pas peur de déranger, il réplique « Ce qui me dérange, c’est de ne pas parler des minorités. Pour moi, la mode reste avant tout le reflet d’une société » .

Visualisez ci-dessous la série de mode « Beyond my eyes,my muscles’ll survive » :
[dailymotion id=xe8qwb]

Du story telling pluri media

L’intérêt du travail de Franck Glenisson est d’être pluri media. Ses séries de mode, véritables superproductions  (« Requiem nostraM  3D» véritable choc visuel lancé mondialement le 24 janvier 2011 minuit par le site communautaire www.iqons.com afin de célébrer le lancement de la Fashion week Couture parisienne réinvente indéniablement les codes de l’éditorial de mode )se déclinent en photos dans la presse (14 pages minimum), en bande annonce filmées  sur des sites de partage de vidéo ( YouTube, Daily Motion) et en interviews exclusives qui laissent  la parole au héro de la série sur des sites spécifiquement choisis. D’ailleurs la série qui a médiatisé le personnage de Mario  « Beyond my eyes,my muscles’ll survive » à remporté de nombreux prix ,à été exposé durant 3 mois à la Bibliotheque Nationale de France ,présentée à Pékin durant 2 mois en partenariat avec l’ambassade de France et est toujours visionnée un an après sa diffusion sur Daily Motion.

 

Une idée forte, déclinée avec  talent. N’est-c e pas ce qu’attendent les consommateurs d’une marque ou d’un média ?   (A l’opposé des « marronniers «  de la presse qui creusent ses déficits  ou des campagnes publicitaires aseptisées qui engendrent ennui et défiance des consommateurs envers les marques ).

Adidas ne s’y est pas trompé. Impressionnée par la puissance qui se dégage des images de Franck Glenisson, la marque a proposé à Mario Galla d’être un de ses mannequins publicitaires.

Les directions marketing qui cherchent toutes ‘The BIG IDEA’ auront tout intérêt à découvrir le travail de ce jeune photographe Franck Glenisson, lauréat de de la Bourse du Talent Mode Nikon 2009 et aujourd’hui membre de la collection photographique du patrimoine français.

 A découvrir ci-dessous, un aperçu de ses récentes créations :

[vimeo http://www.vimeo.com/18887780]

[vimeo http://www.vimeo.com/19124966]

 

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