Haneia, la battante aux 120.000 followers. De la téléréalité aux marques de beauté, voyage dans l’univers des Digital Natives et d’une de leurs égéries.

 

Haneia

Comment une jeune femme est devenue un rôle modèle pour une génération de Digital Natives qui la suivent tous les jours sur Instagram et Snapchat. Volontaire, responsable et déterminée, mais surtout foncièrement généreuse, celle qui n’accepte plus aucun placement de produits « qu’elle n’achèterait pas pour elle-même » est aussi un cas d’école pour comprendre jusqu’où peut aller une communauté emmenée par un leader inspirant, et pour les marques qui rêvent de comprendre et inspirer les Millennials.

 

Elle vous reçoit dans le patio d’un palace parisien, tenue casual et sans maquillage, et d’emblée vous embrasse. Hier à Milan pour discuter projet cosmétique, ce soir sur un plateau de télévision.

Elle est comme cela, Haneia. 120.000 followers sur Instagram, 25.000 followers par jour sur Snapchat, avec qui elle partage son quotidien. Une fonceuse, une battante. Mais surtout un cœur en or qui n’oublie pas ses années moins roses, en a forgé un optimisme inexorable et de solides règles de vie – toujours en vouloir plus, toujours aller plus haut et se challenger – et entend les faire partager à ses followers pour que chacun devienne, à son tour, des ninjas. Rencontre.

 

:: D’où vous vient ce caractère fort ?

Sans doute de mon enfance. Mon père est Egyptien et ma mère Suisse. J’ai grandi en Egypte jusqu’à mes 4 ans. Lorsque mes parents ont divorcé, nous sommes rentrés en Suisse avec mes deux frères et ma mère. Je suis l’enfant du milieu, j’ai un grand frère qui a 1 an de plus et un petit frère de 3 ans de moins.

A notre retour en Suisse, ma mère était seule et sans emploi. Elle était triste, et n’avait ni l’argent ni la force d’éduquer trois enfants.

Quand j’ai eu 6 ans, les services sociaux ont décidé de mettre deux enfants en foyer. Ce fut mes deux frères, et je restais vivre avec ma mère. Ces années ont rendu difficiles les relations avec mes frères, qui loin de ma mère se sentaient abandonnés.

Quand ils sont rentrés à la maison, 6 ans plus tard, ils étaient devenus des inconnus pour moi. Cela a chamboulé ma vie et la relation que j’avais avec ma mère. Elle culpabilisait probablement de cette situation, et des années perdues, et a fini par me mettre de côté et privilégier mes frères, au point de développer une forte rivalité entre nous.

Au bout de quelques années, je n’ai pas eu d’autre solution que de partir de chez moi. J’avais toujours rêvé d’être mannequin et de l’Italie. J’ai trouvé un soir sur Internet une place de fille au pair en Italie. Je partais une semaine plus tard.

 

:: Un pari. A 16 ans, vous quittez tout, école, famille, amis, pour un petit village en Italie sans parler un mot d’Italien…

Vous souvenez-vous de Erin Brockovich interprétée par Julia Roberts ? Ce film de Steven Soderbergh m’a marquée. C’est une femme super forte qui se battait pour ses enfants, et comme je n’ai pas eu de modèle, je me suis identifiée à elle. A cette époque, je regardais énormément de films, seule dans ma chambre. Cela m’a beaucoup aidé à rêver ma vie et à n’avoir peur de rien. Je me disais que si Erin Brockovich, et si d’autres pouvaient le faire, alors moi aussi. Et puis je ne me sentais pas à ma place chez moi. Or je ne voulais pas perdre mon temps. Alors oui, je suis parti pour Milan.

Enfin je croyais.

En réalité j’ai atterri à Lesmo, un petit village de 7000 habitants, façon Desperate Housewives. Je m’occupais de trois enfants alors que j’en étais encore un, j’attendais patiemment mon soir de repos pour faire une heure de bus et aller prendre mes cours de sport et d’italien. Mens sana in corpore sano, ça sonne presque Italien !

Mens sana in corpore sano, ça sonne presque Italien !

 

:: Et après cette expérience ?

Je suis rentrée quelques années en Suisse. Je rêvais toujours de voyager à travers le monde, de vivre dans les plus beaux endroits, m’habiller comme dans les magazines… J’ai eu la chance de faire alors une très belle rencontre dans ma vie privée, une personne à qui je dois beaucoup, qui m’a offert le monde et tout montré de A à Z. J’étais très heureuse, j’avais atteint mon but, je déjeunais dans les plus beaux endroits du monde, voyageais en première classe, j’étais devenue quelqu’un.

Mais au bout de 3 ans et demi, je me suis rendue compte que j’étais devenue quelqu’un par rapport à quelqu’un. On ne m’écoutait pas. J’étais « la femme de… ». Je n’existais pas. Je m’ennuyais, je n’avais plus de rêve, plus de challenge et j’avais besoin de vivre par moi-même. J’ai préféré prendre le risque de tout perdre que de perdre ma vie ou ma liberté.

J’ai tout plaqué et troqué un grand appartement parisien pour un studio. Je me suis retrouvée à la case départ mais j’étais chez moi.

 

:: Et c’est alors que vous avez décidé d’accepter un rôle dans la téléréalité, contre l’avis de tous

Ces années de voyages et d’une vie au milieu de la jet set m’ont enrichie de centaines de rencontres et permis de côtoyer et nouer des amitiés avec de nombreuses personnalités du monde du showbiz, des affaires ou du sport. J’ai pu voir de l’intérieur ce monde que je voyais à la télévision et dont je rêvais, et qui n’était pas toujours un monde de rêve.

On est alors venu me chercher pour me proposer un rôle dans une téléréalité.

Je suis partie à la TV alors que tout le monde me disait « Qu’est-ce que tu vas faire là-bas ? ». Au contraire, cela m’amusait, c’était une nouvelle expérience, un nouveau challenge. Et là-bas on m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre. Ironie du sort, c’est eux même qui me jugeaient.

Cela m’a réveillé. J’étais endormie, je vivais sur une autre planète. Je croyais que l’argent était la clé du bonheur. Je me suis rendue compte de ce que c’était que de travailler, de vivre en communauté avec des personnes d’horizons et de cultures différentes. Un électrochoc. Difficile mais au final positif. J’en suis sortie avec l’envie de vouloir redevenir qui j’étais : Haneia, la vraie, avec sa curiosité, son énergie, ses expériences, pas celle qui joue un jeu, qui se protège avec un masque. Ou avec du maquillage.

119K followers sur Instagram en juste 100 publications

 

 

:: Vous êtes une pionnière d’Instagram en France. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous y intéresser ?

J’ai commencé à poster sur Instagram il y a 6 ou 7 ans. J’ai toujours accordé de l’importance à la beauté du monde qui nous entoure. Je prenais des photos de plats que je préparais, des photos de fleurs dans les parcs. Petite je voulais être fleuriste ! Parce que les fleurs donnent de la joie.

Je n’étais pas un enfant désiré mais ma mère étant une femme de foi a souhaité me garder. On m’a donné à la naissance le prénom de mon arrière-grand-mère, Haneia, qui signifie en arabe, la joie, la bonne énergie, la bienheureuse. Ce prénom allait devenir une mission.

Pour moi les réseaux sociaux ont toujours été une ouverture sur le monde : regarder ce qui nous inspire, et partager. Quand j’étais jeune j’étais un peu seule, et Instagram était une manière d’exister. Je voulais montrer ma sensibilité. Je me baladais en vélo et je prenais des photos de ce qui me plaisait puis je postais sur Instagram. J’avais 120 followers. Une réussite (Haneia rigole)

Haneia, à propos de sa communauté :« Je ne dirais pas que je l’anime. Je vis par elle »

 

  

:: Comment animez-vous votre communauté sur Instagram et Snapchat ?

Je ne dirais pas que je l’anime. Je vis avec elle. Par contre, j’estime qu’il est très important que j’ai un message construit pour les amener avec moi, les impliquer, les faire interagir et les fidéliser. Mais il n’y a pas vraiment de travail préparé. Peut-être malheureusement !

Je partage mon quotidien, ce qui me plait, ce qui m’inspire, ce qui m’énerve. J’utilise Instagram pour partager les photos et vidéos esthétiques de mes projets et Snapchat pour partager des stories de mon quotidien. Snapchat a un format qui se prête mieux à l’instantanéité de messages éphémères. Mes followers vivent avec moi sur Snap, alors qu’ils regardent plutôt des instantanés ou petites histoires sur Instagram.

 

 

Je n’ai pas une communauté de 120.000 followers,

mais 120.000 fois 1 personne qui me suis,

et que je respecte énormément pour ça.

 

Ce qui m’importe est d’échanger avec ma communauté. Je mets un point d’honneur à répondre aux messages. Entretenir un lien fort. Je n’ai pas une communauté de 120.000 followers, mais 120.000 fois 1 personne qui me suis, et que je respecte énormément pour ça. On est comme des chanteurs en permanence sur une scène géante. Ce sont nos fans qui nous font, c’est eux qui me rendent heureuse, qui font qui je suis. Pas l’inverse !

J’ai pris conscience de la responsabilité que j’avais. Je me suis dit « tu as des jeunes qui te suivent tous les jours, qui te demandent des conseils, qui te parlent, c’est une certaine responsabilité. Si tu dis des choses mauvaises tu seras responsable de leurs erreurs, mais si tu dis des choses bien tu peux aussi peut-être les aider à changer ». De fille seule, je me suis vue un peu comme une grande sœur de 120.000 petites filles. Tous mes faits et gestes étaient décryptés, étaient suivis. C’est là que j’ai commencé à définir mon message : Qu’est-ce que je veux leur dire ? Comment je veux les aider, comment je peux leur apporter quelque chose ?

Haneia, un rôle modèle pour beaucoup de Millennials

 

 

:: Justement, vous êtes un rôle modèle pour beaucoup de Millennials : quels messages voulez-vous leur donner ?

J’ai compris que ma communauté pouvait m’aider à devenir quelqu’un de meilleur, et peut-être aussi aider certaines d’entre elles à devenir de meilleures personnes. Quand je fais du sport le matin et le poste à 120.000 personnes, c’est un peu comme être dans un stade géant, et ça motive à se dépasser.

Mon message s’articule autour de quelques idées clés :

  • Montrer par mon expérience.

J’ai eu une situation de famille difficile mais c’est cette vie-là qui a fait qui je suis aujourd’hui. C’est grâce à cela que je suis une battante, que je n’ai peur de rien et que je peux partir partout, je sais que je vais toujours retomber sur mes pieds.

  • Avoir confiance en soi.

Cela a développé ce côté conquérante, toujours en vouloir plus, aller plus haut et me challenger, parce que je n’avais pas le choix et rien à perdre quand j’étais plus petite.

Je pense que les jeunes se disent trop souvent je n’ai pas cette vie, je voudrais tant être comme ceci, avoir cela. Je veux leur expliquer qu’ils peuvent, en fait, tout faire. Je veux les inspirer à se faire confiance et faire confiance. Je veux que chacun développe une meilleure version de lui-même.

  • Partager, se motiver et motiver les autres

 

« J’ai compris que ma communauté pouvait m’aider à devenir quelqu’un de meilleur, et peut-être aussi aider certaines d’entre elles à devenir de meilleures personnes » Haneia

 

 

 

Quand j’étais petite je rêvais d’être belle, de voyager, de manger dans de beaux endroits. Je me suis battue et continue de me battre. Aujourd’hui je suis heureuse de les motiver à mon tour. C’est émouvant de leur dire « je l’ai fait, vous pouvez le faire aussi ». J’adore partager mon expérience, qu’elles évitent de faire certaines erreurs que j’ai pu commettre et gagnent du temps en suivant certains de mes conseils.

Je partage les meilleurs moments comme les pires et je me bats tous les jours, de ma salle de boxe le matin aux plateaux télé l’après-midi. Je ne baisse jamais les bras, je me bats pour la vie dont j’ai toujours rêvé. Mon monde se nourrit d’étoiles et de rêves, et ce sont eux qui me nourrissent. Sans rêve on n’avance pas. On a tendance à croire que l’argent permet d’exaucer ses rêves. Ce qui est en partie vrai. Mais l’argent tue aussi beaucoup de rêves et d’énergie. On est fiers d’une réussite que quand on s’est battu pour l’obtenir.

  • On vit tous ensemble.

C’est comme ça, et heureusement. Ce qui est magnifique dans le digital c’est cette possibilité d’être ensemble. Quelques soient les pays, les cultures. Et non pas d’être individualistes. J’ai souvent vécu seule et dans l’absence de modèle. A nous d’être désormais chacune les modèles des autres. Et avant tout de nous-même. On peut s’inspirer les uns les autres plutôt que se critiquer et être jaloux, et on est plus forts quand on est ensemble. L’idée même d’une communauté n’a de sens que si on travaille ensemble, si on fait équipe. Je ne suis que le coach. Je partage la stratégie de notre groupe et les motive pour qu’on atteigne nos buts tous ensemble ! Team H.

 

:: Comment transmettre un message si fort avec simplement des photos ou des instants éphémères via les réseaux sociaux ?

C’est tout le challenge ! En mettant des messages dans les images. En donnant des conseils de grande sœur, c’est-à-dire forts et bien intentionnés sur le fond, et doux et tendre sur la forme. Quand on est jeune, parfois on ne peut pas, ou on ne veut pas parler avec ses parents. Les copines sont sympas mais elles n’ont rien vécues. C’est important d’avoir une grande sœur, une confidente avec laquelle on puisse parler. Je n’en ai malheureusement pas eu, et c’est pour cela que j’aimerais créer des masterclass au cours desquelles on pourrait discuter de nos expériences autour d’un partage humain et réel. Le digital détruit le contact en le rendant virtuel. Même si je suis sûr qu’il peut permettre de créer de vrais contacts si on apprend à l’utiliser à bon escient.

 

On est passés du monologue au dialogue, d’impressionner à échanger. Les modèles, comme les marques d’ailleurs, doivent apprendre à échanger et dialoguer et plus seulement envoyer une image ou un message.

 

:: A la différence des stars et les mannequins de la génération précédente qui se montraient inabordables, vous êtes vous-même très accessible. Est-ce dû à votre personnalité ? Aux réseaux sociaux qui ont changé les codes ?

(ndlr : dix minutes plutôt, une jeune femme employée de l’hôtel reconnaît Haneia – elle avait servi et discuté avec Haneia quelques mois auparavant – et s’engage alors entres elles une conversation informelle, comme lorsque deux copines se croisent par hasard après s’être perdues de vue un certain moment).

Quand j’étais petite et que je regardais mes magazines, j’aurais rêvé de parler aux mannequins, aux stars, à mes modèles, et qu’elles me répondent, qu’elles me disent quoi faire. Il n’y avait pas cela et je trouve cela fantastique. Je suis différente, mais le monde l’est aussi. On est passés du monologue au dialogue, d’impressionner à échanger. Les modèles, comme les marques d’ailleurs, doivent apprendre à échanger et dialoguer et plus seulement envoyer une image ou un message.

Je suis très proche de ma communauté. Cela me fait plaisir que l’on m’interpelle dans la rue si c’est avec respect et pour échanger.

J’ai longtemps été seule dans ma vie, seule au collège, dans ma bulle. J’aime partager. Mais je n’aime pas le côté « troupeau ». Chacun doit garder son identité. Je ne me rends pas compte que je suis parfois trop accessible. Mon entourage me le reproche souvent. Mais c’est souvent l’occasion de faire de superbes rencontres. Les personnes ne se parlent plus et c’est dommage. A plusieurs, on est plus forts. Toute seule, je ne suis rien.

Je suis humble et lucide sur ce point : je vis avec ma communauté et grâce à elle. Et j’ai la chance d’être très bien entourée, avec une équipe formidable.

Je suis très ouverte au monde. L’argent déconnecte de la réalité. Et comme je l’ai vécu, je sais que je veux maintenant garder les pieds sur terre. Autrement, on perd l’empathie pour les gens. On ne peut pas les aider. Je ne vois pas le but d’avoir une si grande communauté si je ne peux rien faire pour et avec eux. Si je ne peux pas avancer avec eux.

 

:: Vous répondez à tous personnellement ?

Je leur réponds, ils me répondent, nous nous parlons constamment. Beaucoup me suivent pour ça. Cela prend du temps mais c’est vital car mon écosystème est ma communauté. Et ma communauté est mon écosystème.

 

:: En préparant cette interview, vous m’avez confié que vous hébergiez actuellement une amie pour lui rendre service. C’est un acte de générosité peu courant. Etes-vous toujours ainsi dans la vie ?

Je trouve que c’est essentiel d’être soudées entre femmes.

Parfois nait une rivalité. Or nous devrions être soudées. Nous sommes toutes pareil, nous réagissons de la même manière, nous avons les mêmes angoisses, la même peur de grossir, de vieillir. Pour ma part, je n’ai jamais ressenti de rivalité avec mes copines. Au contraire, j’ai toujours essayé de les aider et les monter vers le haut, sans doute parce que j’ai trop galéré dans ma vie. Cela me semble normal. Mais je dis aussi qu’il faut arrêter de se plaindre. Et je leur dis cash. Je suis très cash. Je les secoue, mais cela leur fait du bien.

C’est ce que j’explique aux jeunes : si je suis comme cela, c’est parce que j’ai galéré. Et si vous-même vous ne prenez pas cette trajectoire-là, vous allez vous détacher de votre humanité, de votre raison d’être sur la terre. Je pense qu’il y a beaucoup de femmes, arrivées à un moment de leur vie, qui se disent « Suis-je vraiment heureuse ? Pourquoi en suis-je là ? ». Je veux prévenir les jeunes filles : « Tout est du travail, tout a un prix, mais cela donne un sens à ta vie, car dans 20 ans, ce qui te paraît loin mais arrivera vite, si tu n’as pas construit ta vie, tu vivras avec tes regrets »

  • Il faut du courage. Elles ont toutes quelque chose en elles. Toutes les femmes rêvent d’être utiles. Il faut qu’elles prennent confiance en elles. Si j’arrive à faire comprendre ceci à ma communauté qu’elles doivent se battre de l’intérieur – et non pas battre des cils – pour arriver à avoir ce qu’elles veulent, elles casseront les chaines qui les retiennent et grandiront.

 

 

 

 

:: Quels autres conseils « de grande sœur » leur donnez-vous ?

  •  On peut changer sa vie, j’en suis l’exemple même.

La vie, ce sont des hauts et des bas. Il faut aimer l’aventure. Soit tu vis ta vie comme un long fleuve tranquille, soit tu vis ta vie avec des vagues. Et tu acceptes de surfer dessus. Moi c’est ce qui me fait vivre, les challenges.

  • Bien prendre soin de soi, bien s’alimenter, bien prendre sa vie en main.

Tout le monde rêve de la même chose. Etre belle, être bien et être heureuse… Si on veut avoir une belle vie on doit commencer (par) soi-même. A l’extérieur mais surtout à l’intérieur.

  • Dans la vie, il faut se mettre des objectifs et des règles.

Il ne faut pas se dire que le vent vous porte, que le destin vous porte, que tout va tomber naturellement. Ton destin c’est toi qui le créée, il faut aller chercher les opportunités. Il faut travailler. Rien n’arrive facilement. Il faut expliquer cela aux jeunes filles, car certaines croient que la célébrité arrive facilement, que tout est facile. Ils ne voient que le bon côté des choses. C’est ce que j’essaye de leur dire sur les réseaux sociaux.

  • Il faut y aller step by step, il ne faut pas être trop pressé.

Le temps est votre ami.

  • Il faut apprécier les moments de victoire pour se renforcer.

C’est mon défaut. Je n’apprécie pas mes victoires car je pense déjà au next step. Mais j’apprends…

  • Accepter l’échec.

Sometimes you win, sometimes you learn. Combien de fois j’ai échoué ! Je voulais être mannequin, je n’ai pas réussi. Mais ce n’est pas grave, tant que l’on s’amuse, que l’on apprend et que l’on pense au next step. Tout s’apprend. C’est pour cela que j’ai beaucoup d’estime pour les self-made-people car l’important est de construire mais aussi de se construire !

  • Bien s’entourer.

Je pense que l’entourage joue un rôle immense.

 

:: Comment cela ?

C’est très important de choisir son entourage.

J’ai dû couper les ponts avec certaines personnes car je me suis rendue compte qu’elles étaient toxiques. Je pense toujours à elles, mais je garde une distance.

J’ai été très influençable et parfois j’ai fait les mauvais choix. J’ai souvent aidé des personnes qui n’avaient pas les mêmes valeurs ou ambitions que moi. Cela, plus jamais. J’ai un but clair dans ma tête et les personnes qui ne me tirent pas vers le haut, je leur parle en tant qu’amie, j’essaie de les aider, mais elles ne rentrent pas dans mon cercle intime. Car sinon je n’attendrai jamais mon but.

Les personnes avec lesquelles nous travaillons sont essentielles. Nous passons plus de temps au travail qu’avec les personnes qui partagent nos vies ou avec nos familles. Elles influencent nos choix. De la même manière il est essentiel de très bien choisir la personne avec laquelle vous partagez votre vie. Il ne faut pas choisir par rapport à des critères extérieurs (comme l’argent), mais par rapport à ce que sont vraiment les personnes, leurs valeurs. On peut gagner de l’argent, mais on ne peut pas acheter des valeurs.

 

« Choisis ton entourage, il peut changer ton destin » Haneia, sur Instagram. 1 091 likes

 

 

::  Qu’est-ce qui vous a intéressé, très jeune, dans le secteur de la beauté ?

Quand j’étais petite, je voyais les filles qui commençaient à être coquette, qui se maquillaient et avaient pleins de choses que je n’avais pas. Je voulais être cool comme elles, avoir les mêmes vêtements qu’elles, mais nous n’avions pas d’argent pour des choses superflues.

Je créais des activités pour gagner un peu d’argent et m’acheter la vie dont je rêvais. Et cette vie commençait par la beauté. Quand j’avais 10 ans je faisais du porte-à-porte pour vendre des bouquets de fleurs, j’avais créé un groupe avec des copines pour chanter dans les couloirs de notre immeuble lors de la fête de l’escalade à Genève (dédicace à Charlotte et Charlotte, meilleures interprètes de Cé qu’e laino), l’été je m’occupais des fleurs dans les jardins l’été.

Vers 14-15 ans, j’étais en pleine puberté, j’avais les cheveux bouclés, crépus, je pleurais le soir pour les démêler. Je ne plaisais pas aux garçons. Je n’étais pas la plus belle, ni la plus intelligente. J’avais de l’acné et étais complexée par ma peau. Mais je travaillais dur pour avoir des bonnes notes, j’étais une élève studieuse et je voulais réussir. J’étais également coquette, je voulais plaire. Je me lissais les cheveux moi-même entre midi et deux, me faisais mes brushings seule et j’apprenais à me maquiller avec les magazines que je récupérais (Vogue ou Elle). La beauté cristallisait cette vie dont je rêvais et à laquelle je voulais accéder. Les mannequins étaient mes modèles et je voulais devenir comme elles, voyager partout dans le monde. Partir de chez moi.

Aujourd’hui je dirais que la beauté est avant tout de se sentir bien dans sa peau. Prendre soin de soi est une manière d’être heureuse, et de partager son bonheur.

Mais cela demande du travail. Choisir ses produits et faire sa routine beauté demande de l’expérience et beaucoup de temps. Ce qui est particulier avec les jeunes est qu’ils ont l’illusion de l’immédiateté. Ils n’ont connu que le digital depuis qu’ils sont nés, et tout va très vite autour d’eux. C’est ce que j’explique aux marques de luxe que je conseille dans leurs stratégies digitales auprès de ces Millennials si courtisés.

 

Haneia

 

:: On a du mal à vous croire que vous ne plaisiez pas aux garçons…

Il y a une manière d’être une femme, une manière de se tenir, de se comporter, de se maquiller, de s’habiller, de prendre soin de soi, de sourire. Je pense que tout cela fait que l’on devient belle. Il y a des beautés physiques, et il y a des beautés humaines.

On voit dans mon regard que j’ai beaucoup vécu, mais on voit aussi que je suis très douce, sensuelle. Avant j’avais une mauvaise vision des hommes. J’avais peur de souffrir. Aujourd’hui j’ai appris à me protéger et compris que je peux avoir une position d’égale à égale. Je sais ce que je vaux, qui je suis et où je veux aller.

 

:: Iriez-vous jusqu’à créer votre propre ligne de produits de beauté ?

Peut-être un jour. J’adorerais cocréer des produits avec des marques voire créer une marque de cosmétique. J’avais une peau catastrophique, des cheveux frisés, et vu que je suis quelqu’un de très curieuse, je me suis beaucoup renseignée et suis devenue passionnée et experte en tout ce qui concoure à la beauté : alimentation, sport, rituelle de soins, etc. Cette ligne de soins de beauté me ressemblerait : des produits naturels, simples, de bonne qualité et qui tiennent dans la durée. Revenir au naturel, à l’honnêteté et à la transparence.

Pareil pour les vêtements : j’aime porter du coton, des matières souples, et plus ces jupes toutes étriquées. Je suis souvent en pantalon et pull. J’ai besoin de bouger. D’être libre.

Ce dont Haneia est le plus fière ? : « Ma base de followers avec laquelle je parle tous les jours ».

 

 

:: Quelle est votre journée type ?

Premières choses le matin

Je me lève très tôt. Je sors mon chien, je prends mon petit déjeuner.

Pas un matin sans…

…la salle de sport. Je fais beaucoup de sport, j’en ai besoin pour évacuer et entretenir ma forme. Puis je rentre et je me prépare pour mes rendez-vous.

Business-oriented

Ensuite toute la journée j’enchaine rendez-vous, travail sur les réseaux sociaux et plateaux TV. Tout est lié à mon travail. Il n’y a pas de secret, pour y arriver, il faut travailler comme une dingue. Je ne sors plus par exemple. Avant j’étais la reine de la nuit, maintenant je n’ai plus le temps. Je serai la reine de mon business !

Ceux qui l’entourent

C’est vrai que j’ai une équipe exceptionnelle, des personnes brillantes, avec qui je partage énormément. On s’aide, on s’entoure et si j’en suis là, c’est grâce à eux.

Ce dont elle est le plus fière

Ma base de followers avec laquelle je parle tous les jours. Je les aime de tout mon cœur. Chaque personne qui me suit est importante, chaque personne compte pour moi. Trois quarts de mes followers sont des femmes, ce qui représente près de 100.000 femmes. J’en suis très fière, cela me touche que les jeunes filles me suivent. Elles ont entre 10 et 25 ans. Je peux grandir avec elles. Je les appelle mes petites ninjas, car on peut être douce et se battre pour réussir. Je crois que c’est Hegel qui disait que « Rien de grand dans le monde ne s’est accompli sans passion ». La mienne, c’est eux. Et on va faire de grandes choses ensemble.

 

 

 

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