Réinventer le shopping



Dans la peau d’une consommatrice

Depuis Internet, je passe moins de temps dans les magasins.

Avant, j’aimais bien aller en début de saison dans un grand magasin ou dans un centre commercial, avec l’idée de m’acheter un petit truc de nouveau, pour me faire plaisir.

Aujourd’hui les magasins m’ennuient. D’une boutique à l’autre on retrouve exactement les mêmes vêtements, le même style et à des prix plus chers que sur Internet. Biensûr il y a bien les petites marques de créateur, les Isabel Marant, Tara Jarmon, ect… mais pour moi ça reste de l’exceptionnel.

Alors au bout de 2 heures de shopping ‘normal’, j’en sors sans rien avoir acheté, et pire, de mauvaise humeur parce que j’ai l’impression d’avoir perdu mon  temps.

En fait, je rêverai d’une marque qui m’aide à trouver ce que je recherche, un peu à la manière d’une ‘conciergerie’. Je lui dis sur Internet ce que je recherche, mon style, mon budget, et une “modeuse” me déniche, quelques heures après, la petite pièce qui va bien. Parce que c’est son métier, qu’elle connait sa collection, qu’elle aura compris mon style, quitte à me ‘bousculer’ un peu pour sortir de mes habitudes vestimentaires.

Ce service sera gratuit. J’aurai sur Internet, sur le site de la boutique, une page à moi avec la sélection d’articles proposés. Et là, j’aurai le choix, soit de l’acheter tout de suite en ligne, soit de venir dans le magasin de mon choix. Les articles auront été “mis de coté” informatiquement pour moi, je les essayerai avec une vendeuse-modeuse qui me dira, honnêtement, si cela me va ou pas. Pas de forcing. Mais c’est surement pour la marque une manière plus intelligente pour me fidéliser que de me faire venir dans le magasin, incognito, pour que j’en reparte sans rien acheter. Et très déçue.

Face à une telle demande, que peut faire une marque comme… MORGAN ?

Roland Beaumanoir, PDG et créateur de Groupe Beaumanoir, vient d’enlever Morgan à la barre du tribunal.

Son défi : redresser Morgan ( 700 magasins dans 57 pays) très vite. Or la cliente des années 1990, quand l’enseigne était à son apogée, n’est plus la même que celle de 2009.

Qu’est-ce que MORGAN peut faire?

“Faciliter” la vie de ses clientes.

Créer sur son site une ‘landing page’ perso, une par cliente, où celle-ci pose des questions de mode  :

“Je recherche une robe pour un mariage dans 15 jours, qu’avez-vous ?”. Je me cherche un sac vernis noir qui fasse jour et soir. Est-ce que vous en faites ?

Créer le “vide-dressing” de Morgan

C’est apparu en 2008 : pour revendre leurs vêtements, les blogeuses passionnées de mode débarassent désormais leurs armoires sur la toile. Morgan peut surfer sur cette idée, en apportant une aide concrète à ses clientes qui veulent revendre leurs vêtements de la marque Morgan ( et de d’autres marques ?). Morgan crée sur son site, pour chacune de ses clientes intéressées, une page Perso ‘mon vide-dressing’, accessible par tous. Cela crée une communauté ‘achat-vente’, entre clientes. Et accessoirement un flux de ‘pouvoir d’achat disponible’ de la part des revendeurs, qui craqueront plus volontiers sur de belles pièces de la nouvelle collection.

– Laisser les clientes parler des vêtements Morgan entres elles

Evaluation de produits, avis de consommateurs, recommandations personnalisées… Nous savons depuis Amazon et Netflix que les données partagées entre internautes favorisent les ventes.

Morgan peut astucieusement donner la parole à ses clientes sur son site, pour qu’elles s’échangent des infos, des adresses ( hors Morgan), des manières de porter tel  ou tel vêtement. Au démarrage, le contenu doit être de valeur ( de vraies astuces modes données par des modeuses non arrogantes, qui se posent les mêmes questions que leurs lectrices le matin en se préparant).

Morgan doit faire réver (nous sommes dans la mode). Mais aussi simplifier le quotidien de ses clientes, les aider à mieux organiser leur vie et leurs loisirs.

Passionnant défi. Good luck, Monsieur Beaumanoir.

 

Les commentaires sont clos.