Retail US – SHOPTALK, Las Vegas : 4 moments choisis

 

Tout va vite. Très vite. La conférence Shoptalk 2018 qui s’est tenue la semaine dernière à Las Vegas a été le théâtre de multiples annonces. Quatre moments choisis :

 

MACYS : généralisation de l’encaissement mobile

 

 

Problème à solutionner : l’attente aux caisses pour régler ses achats. Considérée par Jeff Gennette, CEO de Macy’s comme « l’un des premiers “pain point” lors d’un achat en magasin ».

Solution :

Après un pilot réussi, Macy’s proposera d’ici la fin de l’année le paiement dans les rayons, via l’appli Macy’s. En magasin, le client utilise son application Macy’s pour scanner ses articles au fur et à mesure de ses achats et il les règle directement dans l’appli avec la carte de paiement enregistrée (les réductions et avantages s’appliquent automatiquement). Puis il se rend à un comptoir dédié et présente son appli à un employé, qui vérifie le nombre d’articles scannés et détache les étiquettes de sécurité sur les articles. Le client est alors libre de sortir.

Ce service, qui sera effectif d’ici décembre dans 450 magasins Macy’s concernera la majorité des articles vendus dans un Macy’s (exceptées quelques catégories telle que la joaillerie).

 

 

AMAZON GO, 2 mois après

Amazon Go, le magasin sans caisses d’Amazon, a ouvert au public le 22 janvier 2018 à Seattle. Après deux mois d’exploitation, Amazon découvre-t-il des choses auxquelles il ne s’attendait pas ? Question posée en conférence à Gianna Puerini, VP Amazon Go et Dilip Kumar, VP of Technology.

Problème à solutionner : simplifier l’achat physique, notamment le passage en caisse.

Solution : une technologie permettant de vérifier en toute transparence les articles emportés par un client, pour lui permettre de quitter le magasin immédiatement sans passer par la caisse.

Rappel du principe : le client scanne son appli à l’entrée du magasin, des cameras avec algorithmes et des capteurs repèrent les articles qu’il retire des rayons. Quand il a terminé, ce client quitte le magasin tout simplement, ses achats sont réglés au moyen de son moyen de paiement enregistré chez Amazon.

Choix technologique. Dilip Kumar, VP of Technology explique :

Amazon Go a fait le choix d’utiliser la computer vision pour surveiller le mouvement des produits dans le magasin, plutôt que des étiquettes RFID, en raison du coût trop élevé qu’aurait occasionnée la RFID pour des produits courants à rotations élevées. Chaque produit aurait dû être tagué manuellement, un travail trop lourd pour ce type d’articles.

Autre avantage mentionné par Dilip Kumar : les capteurs et les algorithmes fonctionnent en tandem pour pouvoir lire dans un magasin bondé non seulement ce qu’un client enlève du rayon, mais aussi pour distinguer deux articles qui se ressemblent, comme par exemple entre deux pots de confiture, celui à la framboise et celui à la fraise.

Source : Jason del Rey, Senior Editor Recode, dans son article publié le 21 janvier 2018 (avec Meghann Farnsworth)

:

« See those black squares on the ceiling? Those are cameras and they are all over the store« .

 

Deux choses surprennent Amazon Go depuis janvier :

  • La rotation du stock. L’expérience d’achat est tellement efficace que les clients, nombreux, entrent et sortent rapidement, ce qui nécessite un réapprovisionnement constant et rapide des rayons. Les vendeurs magasins passent une grande partie de leur temps à réapprovisionner les rayons ou à aider les clients.
  • La réaction des clients face à cette nouvelle liberté : beaucoup, lors d’une première ou une deuxième visite, se sentent mal à l’aise lorsqu’ils sortent du magasin aussi facilement, allant jusqu’à demander aux employés si c’est vraiment “OK to just leave” avant de sortir. A tel point que Amazon a rajouté une affiche à la sortie : “You’re good to go. Thanks for shopping.”

Gianna Puerini n’a pas caché que Amazon Go, au-delà d’être une solution technologique, a la capacité, grâce aux données clients collectées, d’aider Amazon à faire les bons choix sur des questions retail rien de plus classiques : quel assortiment produits à cette heure de la journée dans une petite surface de 1 800 square ? (capacité Data-Driven similaire dans les magasins physiques Amazon Books).

Interrogés sur l’éventualité d’introduire cette expérience à des magasins sous bannière Whole Foods Market, les dirigeants de Amazon Go ont répondu qu’il n’y avait pas de tel projet dans les cartons.

 

Target – La livraison le même jour devient la norme

 

Problème à solutionner : Réduire à son maximum le délai de livraison des commandes en ligne

Solution : Une acquisition. Brian Cornell, le CEO de Target, est revenu sur l’acquisition en décembre dernier de Shipt.com, une start up qui va permettre à Target de proposer la livraison le jour même sur tout le continent nord américain. Brian Cornell explique : “Il y a des clients qui veulent être livrés le jour même, pour lesquels la composante du jour même est très importante. Nous voulions être en mesure de fournir ce service à nos clients à l’échelle nationale”.

Une réponse à Amazon ? Depuis mars, Target propose déjà la livraison gratuite en deux jours sur des centaines de milliers d’articles commandés sur Target.com, (dès 35 dollars d’achat, et sans restriction pour les possesseurs de la carte de paiement maison REDcard. Sans abonnement ni frais annuels). Précédemment, le délai de livraison était plus long. Target rejoint ainsi Walmart qui propose déjà ce “Free 2-Day Shipping” depuis 2017.

Autre service : Drive Up, les commandes passées en ligne apportées directement dans le coffre de la voiture du client, dans le parking d’un magasin Target. Le service sera effectif dans 1 000 magasins d’ici la fin de l’année.

 

 

POSHMARK – Les nouvelles marques sont Mobile Native, autour d’une communauté

 

Poshmark. Un nom à retenir. Alain Revah, VP Business et Corporate Development chez Poshmark@alainrevah ) avait présenté le modèle durant le meet up @BeautyTechSF organisé par Odile Roujol en Janvier à San Francisco.

Poshmark est la première place de marché mobile et sociale d’achat et vente de mode. Sociale” parce que acheteurs et vendeurs échangent entre eux sur la plateforme, comme le feraient des amis sur Facebook. En toute autonomie, via l’appli. L’entreprise fondée en 2011 en Californie a levé en novembre dernier 87,5 millions de dollars (160 millions de dollars au total). « Poshmark est la « fashion democraty » explique Alain Revah. Les membres y viennent pour des tas de raisons : discuter de style, échanger conseils et photos, trouver de l’inspiration et commercer.

Le facteur différenciant ?

  • Les membres avant les marques: « Notre facteur différentiant, c’est que nous engageons les personnes d’une manière qui les intéressent, parce que nous ne parlons pas de marques. Ce sont des personnes qui parlent entres elles, en one-to-one ».
  • L’influenceur, une marque média. « Il y aura toujours un Marc Jacobs où l’une de ces marques leaders. Mais à coté vous voyez l’émergence de marques influentes. Avant il n’y avait qu’un seul type de canal pour communiquer, aujourd’hui les influenceurs sont eux-mêmes une marque media. On peut facilement imaginer dans le futur des milliers de marques émergentes et dans le même temps des consommateurs migrants du offline vers une vie digitale. Plus nous allons vivre sur nos portables, sur le digital, plus le type de plateformes [comme Poshmark] sera pertinent ».

Comment définir un influenceur ?

« Il y a trois types d’influenceurs » explique Alain Revah, en poursuivant :

  • Les celebrities, les sportifs de haut niveau, etc. Ils ne se considèrent pas tous comme des influenceurs, mais ils aident à vendre des produits
  • Les dénicheurs, eux-mêmes digital native : on les retrouve sur Youtube ou des plateformes similaires. Ils ont décidé d’être influenceurs. Ils ont leur voix et leur talent à eux.
  • Et les inlfuenceurs qui savent vendre. Chez Poshmark, nous nous concentrons sur ce type d’influenceurs. Acheter, tout le monde peut le faire. Vendre est beaucoup plus difficile. Se créer une voix, nouer une certaine relation avec les personnes. Sur Poshmark, chacun peut-être un vendeur : nous permettons à ces personnes de le faire d’une manière très innovantes ».

En conférence à ShopTalk, Manish Chandra, fondateur et CEO de Poshmark, a révélé des chiffres impressionnants :

  • l’utilisateur de Poshmark passe en moyenne par jour 25 minutes dans l’appli Poshmark
  • Il ouvre l’appli 7 à 9 fois par jour.

Manish Chandra y voit deux explications : la communauté et les nouveautés permanentes : « Chaque fois qu’un utilisateur ouvre l’application, il trouve quelque chose de nouveau. »

Poshmark, un modèle qui traduit bien une aspiration du consommateur : pouvoir converser en one-to-one (cf le succès des messageries), mais à l’écart du discours conventionnel que certaines marques continuent à tenir.

 

 

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