Shenan Reed, Morpheus Media : le taux de click est mort

Shenan Reed, fondatrice Manager de l'agence Morpheus Media

Shenan Reed  a fondé l’agence de marketing interactive Morpheus Media à New York en 2001, en pleine ère « post-bulle internet ».

Figure importante du marketing interactif aux Etats-Unis (elle compte parmi ses clients Dior, Givenchy, Net-a-Porter ou encore le New York Times) Shenan Reed est venue la semaine dernière en Europe, invitée à participer  au e-G8 (vous pouvez suivre ses commentaires sur son compte Twitter).

Le matin même, elle est intervenue au congrès Luxury Interactive à Londres sur le thème : ‘The Next Big Thing’.

A ce même congrès il y a un an, Shenan avait alerté sur l’importance du triptyque Convergence, Intégration, et Innovation. Trois mots qui de son propre aveu ont été plus que rabattus ces derniers mois, jusqu’à l’overdose.

L’année dernière, elle avait aussi conseillé de ne pas trop se focaliser sur les ‘tuyaux’ en matière de diffusion. L’important, c’est bien le contenu, façon Story Telling, qui permet de créer une histoire qui va vivre et se développer d’une manière différente et pertinente pour chaque canal.

Un an après, Sharon Reed se réjouis de voir que les marques sont de plus en plus habiles en Story Telling, et qu’elles sont présentes  sur un grand nombre de canaux :  site Web, liens sponsorisés, display, Facebook,  Blogs, You Tube, Twitter, Tumblr, Foursquare…

A la question “What is the NEXT big thing?” ( qui est le nouveau Facebook? ) — une question que ses clients lui posent à longueur de journée…–, Shenan a sa petite idée : ce sera un réseau social créé par Google dont on va entendre parler dans les  6 à 12 mois et qui pourrait bien être aussi puissant que Facebook dans les 3 à 5 prochaines années. Nous sommes prévenus…

The Next Big Thing en publicité interactive ?

C’est selon Shenan Reed :

  • Quelque chose qui existe déjà
  • Qui va permettre de délivrer tout le contenu que crée déjà la marque, et ceci directement auprès de consommateurs ciblés
  • Et qui va permettre aux consommateurs de s’impliquer envers la marque à travers tout Internet.

Pour Shenan Reed, la grande nouveauté à venir en matière de Publicité interactive, c’est la bannière.

La bannière ??? OUI, mais pas la bannière publicitaire à la ‘grand ‘Pa’. Quelque chose de bien mieux. Une bannière qui va “tuer” le taux de clic et donner naissance à des critères de mesure dont on commence tout juste à prendre conscience de l’importance.

Une bannière, cela n’a rien de neuf.

La première bannière publicitaire a été introduite en Octobre 1994, pour la marque AT&T sur le site Hotwired.com. Le taux de click ? 30 % ! Un doux chiffre difficilement concevable aujourd’hui, même pas en rêve …

La première bannière publicitaire, pour AT&T en 1994

La technologie utilisée pour créer des bannières existe depuis longtemps. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est la sophistication des équipements de réception des internautes et l’infrastructure du web, qui permet de proposer un site entier dans une bannière.

« Le taux de click est mort. Il faut cesser d’utiliser ce metric !», s’insurge Shenan. Mieux vaut évaluer les actions en terme d’engagement de l’internaute, de temps passé, d’interactions et bien-sûr de ventes.

Ce sont les mesures du futur.

Pour Shenan Reed, les consommateurs sont trop intelligents pour cliquer sur une bannière.

Depuis 10 ans, pour la plupart d’entre nous, marketers, nous avons fait de notre mieux de retraduire en ligne ce que nous connaissons si bien offline. Reprendre les mêmes recettes. Placer une bannière publicitaire aux meilleurs carrefours en ligne, pour toucher un maximum de populations ciblées et optimiser la fréquence.

Parfait, mais alors comme le fait remarquer Shenan, quelle est notre proposition de valeur, dans ce cas-là ? Une invitation pour se rendre sur notre site et y passer un peu de temps. Nous jouons le rôle du restaurateur qui se tient sur le pas de sa porte pour appâter le chaland. Le consommateur y est-il encore réceptif ?

Pas certain.

Aujourd’hui, explique Shenan Reed, « nous pouvons délivrer un site entier, tout notre contenu, « tout ce qu’un consommateur a toujours voulu savoir de votre marque » directement au travers d’une bannière ».

« C’est comme si », poursuit-elle « nous leur délivrions la boutique au pied de leur porte. Quel luxe incroyable. Quelle opportunité. Nous n’avons plus à attendre qu’ils nous trouvent, nous pouvons les trouver ».

« Sans parler » explique-t-elle «  de toutes les actions de re-targeting et de publicité contextuelles qui sont aujourd’hui faisables. C’est encore un autre sujet ».

Ce qui est certain, pour Sharon, c’est que si vous vendez un produit, vos clients sont en ligne.

Vous avez alors l’opportunité de les impliquer,  de les distraire et les faire réagir dans le confort de leur propre parcours en ligne.

Shanon Reed a conclu par ces mots :

« La bannière n’est pas morte, elle est juste re-visitée ».

 

Les commentaires sont clos.