La réponse de Procter et Gamble à son “problème de riche” …

31 10 2010

Pour donner un coup d'accélérateur à ses ventes, P&G a ouvert une boutique pop-up store dans New York pour inciter les consommateurs a essayer plus de ses produits.

Que peut faire une marque pour se développer encore  lorsque sa clientèle représente  déjà 99% des consommateurs du pays ?

C’est à ce problème – un problème de riche – que Procter & Gamble se trouve aujourd’hui confronté sur son marché domestique.

D’autant que le CEO de P&G, Bob McDonald, a placé la barre haute en annonçant au début du mois, devant le Congrès Annuel des Annonceurs Américains,  que son objectif était de toucher un milliard de consommateurs en plus d’ici 5 ans au niveau mondial. Cela portera le total des clients  de P&G  à 5 miliards  ( 4 milliards actuellement).

Aux Etats-Unis,  P&G a pour ambition “d’atteindre et d’améliorer la vie d’un plus grand nombre de personnes, et de manière plus complète“  (touch and improve more lives more completely).

Dans les faits, P&G a lancé début Octobre une campagne “Have you Tried This Yet?  (l’avez vous déja essayé?) dans le but de faire essayer aux consommateurs au moins un produit supplémentaire parmi les 18 nouveaux produits lancés ces 18  derniers mois.

Cela s’est matérialisé notamment par l’ouverture durant tout le mois d’Octobre, en plein Times Square  à New York,  d’une boutique ‘Pop-up’ pour favoriser l’essai de produits Procter.

Les produits Procter & Gamble sont déjà utilisés aux Etats-Unis par 99 % des consommateurs. Le but du géant est d’arriver à ce qu’en l’espace de 5 ans, chaque consommateur  achète au moins un produit supplémentaire.

Cela ajoutera 1 milliard de dollars au 3 milliards de dollars de chiffre d’affaire actuel.

Ce concept de ‘Juste 1 de plus’ est ambitieux, mais atteignable. Si chacun des 133 millions de foyers nord-américains achète un nouveau produit chaque année,  cela représentera pour chacun une dépense moyenne  supplémentaire de 7,5 dollars , qui au total représentera1 milliard de dollars de CA pour Procter & Gamble.

Et un très documenté article de AdAge,  sous la plume de Jack Neff, nous apprend que  si le ticket de caisse de chaque foyer nord américain pour des produits P&G augmentait (ou si la fréquence d’achat augmentait), pour arriver à un montant  annuel par foyer de 23$, cela correspondrait à 3 milliards de dollars supplémentaires pour la firme.

Le magasin Pop-Up  de Procter & Gamble

Pas besoin d’un écriteau ‘ FREE’, les consommateurs avaient capté le message.

Des centaines de personnes faisaient la queue à l’entrée dès le premier jour de l’inauguration  de cette boutique située mid-town dans Manhattan. Les uns pour un traitement capilaire gratuit, les autres pour un diagnostic de peau et tous ressortaient les bras chargés d’échantillons de ces marques emblématiques  que sont Head & Shoulders, Clairol, Pantyne, CoverGirl, Crest….

L’objectif : faire essayer d’autres produits à ces consommateurs déjà fidèles.

Les échantillons sont peut-être données gratuitement  pour le moment (l’opération courait sur tout le mois d’Octobre sur Times Square),

mais comme dit Jack Neff dans son article paru dans AdAge, “quand vous donnez à un âne de l’eau, il pourrait bien avoir soif toute sa  vie”…

Le concept de ‘Juste  un produit de plus’  semble un peu simpliste  ( on poursuit tous cet objectif d’augmenter le panier moyen de nos clients) , mais l’avoir verbalisé et avoir monté une opération concrète autour de cette idée est intéressante. Observons les chiffres nord américain de Procter pour mesurer l’effet.





Walmart.com

13 04 2009

L’offensive du géant Walmart dans le numérique a été saluée cette semaine par le magazine AdAge, qui place le distributeur en bonne place dans sa  Digital A-List 2009.

Et de fait, le premier distributeur mondial s’est approprié en ligne le concept de ‘value online‘.

Les Costco, Target ou Dollar stores semblent distancés … Car y a-t-il plus belle promesse, par les temps qui courent, que de s’attribuer le titre de meilleure destination en ligne pour gagner du pouvoir d’achat ?

Pour nourrir ce concept,  Walmart a créé de toute pièce l’année dernière Walmart Classified, un site de petites annonces gratuites. Mélange de Monster et de CraigList,  le site présente une grande variété de produits,  allant des voitures aux jobs, en passant par les billets de spectacles. Avec une synergie multicanal : il n’est pas rare que des affaires commencées en ligne se concrétisent sur le parking d’un magasin Walmart…

Constatant que les visiteurs avaient tendance à s’échanger sur ce site leurs bons tuyaux en matière de consommation , Walmart est passé à la vitesse supérieure en lançant le portail ‘Save money Live Better‘ (reprenant ainsi la base line de l’enseigne), où s’échangent bons plans et astuces pour économiser au quotidien, tout en vivant mieux. Walmart propose à ses clients de raconter leurs ‘histoires’: en quoi le distributeur leur a permis d’économiser de l’argent et de vivre mieux ?

Tous ces sites parallèles au site de e-commerce Walmart ont chacun leur utilité. Car quelle meilleure manière pour nourrir la promesse ‘Save money Live Better’ que de multiplier en ligne les services utiles pour aider ses clients à vivre mieux ?

Mais du coup, quelle différence entre un site de news feminin généraliste, – un Better Home’s and Garden, par exemple — et les portails de Walmart ? Les lignes de partage entre information et consommation se brouillent…

A l’heure où de nombreuses marques s’interrogent sur l’opportunité, grâce au numérique, de créer leurs propres contenus éditoriaux en ligne,  Walmart, avec toute sa puissance de feu, s’apparente déjà à un groupe media…

Selon Wanda Young, senior director-digital marketing à Walmart ” le numérique sait si bien accompagner les personnes sur un plan émotionnel et rationnel que nous voulons nous en servir pour aider nos propres clients”.

Un autre exemple récemment mis en ligne par Walmart : le site ElevenMoms, un réseau social de mamans blogeuses qui ne cesse de croître. Avec, pour des partenaires habituels de Walmart comme les marques Pantene de P&G ou Suave d’Unilever, un moyen de toucher une audience extrêmement ciblée, en sponsorisant des vidéos à contenus éducatifs ou de divertissements, que ces mamans jugent légitimes sur un tel site.

Mais l’une des initiatives les plus marquantes de ce début d’année aura été le lancement du DVD   “Twilight”.

Le nombre de pré-ventes du DVD a atteint un record sur le site de Walmart en mars dernier. Derrière ces ventes, un réseau social monté pour l’occasion, qui incluait un micro site où mamans et leurs filles pouvaient discuter du film et écouter en exclusivité une  interview de l’une des actrices, postée sur le réseau social de radios Blog Talk Radio .

Walmart n’est pas un débutant dans le numérique. L’agence américaine Resource a mené toutes ces dernières années des campagnes innovantes pour le distributeur .

Mais 2009 semble marquer un cap.

Avec une volontée affichée de transparence de la part de Walmart.

Une requête Twitter sur les termes ‘”Walmart ou Wal-Mart” affiche 3 ou 4 nouveaux tweets chaque minute, dont certains peu flatteurs pour le distributeur.
Walmart accepte de jouer le jeu.
“Nous n’avons aucune intention de contrôler ce qui se dit en ligne sur notre marque”,
explique Wanda Young. En poursuivant :
si vous ne pouvez pas contrôler ce que les gens disent sur vous en ligne, vous pouvez néanmoins être un bon écoutant”.
Ce mélange de Relation Numérique ( selon le terme emprunté à Henri Kaufman, inventeur du concept) , partenariat marketing, experience numérique et marketing direct mériterait plus qu’un post, une étude complète.








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