Les acheteurs du Luxe désertent-ils les magasins ?

Ce matin s’est ouvert le Congrès LUXURY INTERACTIVE à Londres.
Pendant 2 jours, venus du monde entier, les responsables E-commmerce, CRM et Digital des plus grands noms du luxe (Guerlain, Boucheron,Vuitton, Tag Heuer, Jaguar Range Rover…) et leurs agences se donnent rendez-vous au cœur de Londres pour partager insights et expériences (et repérer ce qui va les tenir éveillé ces prochains mois…).
Shenan Reed, fondatrice de l’agence numérique américaine Morpheus Media, a ouvert la conférence ce matin avec quelques chiffres intéressants (avant de s’envoler pour Paris, rejoindre les CEO de Google, Facebook et autres invités de marque au diner du e-G8…).
En Mars dernier, Morpheus Media s’est allié au groupe média Condé Nast pour publier une étude sur « Les acheteurs fortunés et Internet ». 70 Directeurs Marketing des secteurs retail, mode, bijoux, montres et cosmétiques ont été interrogé.

PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS :
- Plus de visites en ligne, moins en magasin
Les acheteurs de produits de luxe se tournent de plus en plus vers le Web pour s’informer et trouver de l’inspiration, ce qui pourrait mécaniquement se traduire par moins de temps à consacrer dans les magasins comme le montrent les chiffres.
Tandis qu’une majorité de consommateurs du luxe reconnait rechercher et s’informer sur Internet avant d’acheter en magasin, 43 % disent qu’ils passent moins de temps dans les boutiques du fait du coté pratique d’internet.
Est-ce un signe ? Le 1er jour des soldes a été longtemps un moment fort pour les marques de luxe. Il était fréquent de voir des queues se former devant les boutiques Tod’s ou Gucci, par exemple, à Saint-Germain des Près. Ce phénomène tend à disparaitre.

- La personnalisation est tout à fait admise.
Ces mêmes internautes, adeptes du Net, n’ont rien contre la personnalisation des publicités en ligne. Bien au contraire, ils la réclament. Etre suivi dans leur navigation en ligne ne les dérange pas, à condition qu’on les expose à de la publicité vraiment ciblée.
Pour Josh Stinchcomb, le vice president « digital sales » chez Condé Nast Media Group à New York “cela doit inciter les marketers des marques de luxe à personnaliser les publicité pour leurs clients’.
Autre indication : quand ils font une recherche en ligne, les acheteurs du luxe sont beaucoup plus sophistiqués que les non-acheteurs : ils combinent l’avis de leurs pairs avec ce qu’ils lisent sur les sites médias et les sites de marques.
Pas étonnant que les marques du luxe s’intéressent au numérique. Ils sont sur une clientèle « en or ». En ligne, les acheteurs de marques de luxe dépensent 4 fois plus que les non-acheteurs de luxe.
- Une utilisation intensive d’Internet
70 % des consommateurs fortunés utilisent Internet pour raison personnelle trois fois par jour (ou plus). C
ontre 46 % pour les non-acheteurs de marques de luxe.
- Les réseaux sociaux ne sont pas crédibles
Les sites de contenus, oui. Facebook est la premier réseau social utilisé par la clientèle fortunée. Mais les réseaux sociaux dans leur ensemble ont mauvaise presse : ces clients ont peu confiance dans leurs contenus, qu’ils considèrent de faible qualité.
Par contre, ils apprécient les sites de contenu qui selon eux apportent de l’information qualitative. Du pain béni pour le commanditeur de l’étude, Condé Nast.
84 % des clients fortunés disent que les sites de contenu « premium » (c’est-à-dire selon l’enquête les sites ne proposant pas de contenu communautaire) leur apportent une information fiable; ils ne sont que 11 % à penser de même pour les réseaux sociaux.
Vers une segmentation du contenu ?
Cela pose la question pour les marques du bien-fondé d’une segmentation de son contenu: est-ce qu’une marque doit dire la même chose, quand elle s’adresse à ses ‘fans’ sur une Page Facebook ou qu’elle s’exprime sur son site web ?
Y aurait-il un contenu fait pour être lu dans un environnement communautaire et un autre type de contenu à lire dans un environnement propriétaire ( le site web de la marque) ? Le débat reste ouvert.

- Localisation, localisation, localisation
En ligne aussi, la localisation est importante. Elle est même absolument clé pour qu’une publicité fonctionne, selon Condé Nast. Pour 2 clients sur 3, le site sur lequel figure une publicité conditionne sa crédibilité.
Sans surprise, 79 % des interviewés disent qu’ils sont plus enclin à cliquer sur une publicité qui se trouve sur un site Premium.
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